Voyages
Un voyage est une occasion de voir les habitudes de vie d'autres habitants du monde, de les comparer avec les nôtres, et de réfléchir. En septembre 2009, j'ai séjourné pendant 12 jours dans des régions rurales de Provence (Drôme, Vaucluse, Luberon).
Là-bas aussi, les grandes surfaces se sont établies. Il faut voir les hyper-marchés d'alimentation et autres méga-surfaces du meuble ou de la rénovation implantés près des villes provençales de dimensions moyennes. Il s'agit donc vraiment d'une tendance mondiale. Pourtant, là-bas aussi, des artisans et petits commerçants persistent à occuper les centres-villes. Il faut aussi constater que l'implantation de ces grandes surfaces n'a pas réussi à tuer la tradition séculaire du «marché provençal».
Quand les étals du marché provençal se déploient, il y en a sur des centaines de mètres de chaque côté des rues du centre-ville du village où a lieu le marché. Les marchés se déplacent de jour en jour, d'un village à l'autre, selon des circuits établis.
On y trouve de tout: viandes, charcuteries, fromages, huile d'olive, épices, plats préparés, fleurs, plantes, arbustes, poterie, vaisselle, coutellerie, artisanat, jouets. Majoritairement des produits dits «du terroir». Et il y a beaucoup de monde. Au jour du marché, les kiosques, les terrasses et les boutiques sont bondés.
J'ai déduit du marché provençal qu'il en vaut la peine, là-bas, pour un petit entrepreneur d'exploiter un commerce itinérant, et aussi qu'il en vaut la peine pour une commune d'accueillir le marché un jour par semaine. Ce jour-là, les villageois sortent et discutent alors que les touristes pullulent. À raison d'une journée par semaine, le marché provoque une affluence certaine au centre-ville et les affaires y ont l'air d'être bonnes.
Initiatives locales
Dans cette réflexion sur nos habitudes de consommation, je fais un lien avec certaines initiatives locales récentes, visant la revitalisation des centres-villes.
C'est en 2009 que les travaux majeurs de rénovation du centre-ville d'Alma se sont terminés. Si le volet architectural et urbanistique est réalisé, et fort réussi, il reste maintenant à animer ces lieux afin de créer l'achalandage propre à accroître l'activité commerciale, et afin de créer les conditions propres au retour des habitants au centre-ville. Ainsi, 2010 apparaît comme une année décisive, c'est-à-dire celle où l'arbre commencera à donner ses fruits.
Le magnifique bâtiment des Terrasses des Cascades sera l'hôte d'un marché public qui se veut une des locomotives de la revitalisation commerciale souhaitée. Je ne sais si les promoteurs connaissent le marché provençal, mais ils y auraient sûrement avantage, car il s'agit d'un bel exemple de complémentarité dans l'offre commerciale et de maintien des conditions propres à l'habitation dans un centre-ville.
Notamment, un tel marché public ramène au coeur de la ville une offre en matière de produits alimentaires devant faire en sorte qu'il soit possible de se procurer toutes les denrées nécessaires à la confection d'un bon repas, sans avoir à se déplacer vers les grandes surfaces. L'habitation et la vitalité du quartier s'en trouvent facilitées, puisque les habitants peuvent y faire tous leurs achats à pied et à proximité de leur chez-soi ou de leur lieu de travail.
L'embryon de marché qui s'est déroulé lors de l'été 2009 laisse présager un avenir prometteur pour l'initiative almatoise. Les deux ou trois exposants présents pendant tous les vendredis de l'été dernier ont ramené au centre-ville la viande et les légumes locaux de grande qualité.
Mais il en faudra plus cette année pour créer un engouement permettant d'accroître l'achalandage des commerçants et professionnels qui tiennent pignon sur rue. Je vous exprime donc toute ma hâte d'assister à l'évolution de ce projet. Si mon collègue chroniqueur Charles Cantin s'inquiète des artères commerciales traditionnelles de son arrondissement de Jonquière, je suis celui qui surveille avec grande attention la revitalisation du Centre-ville d'Alma.
Me Patrice Gobeil, Almatois d'origine, de corps et d'âme, est particulièrement bien implanté au sein de sa communauté. Passionné de sports et de culture, il est à l'avant-garde de la pensée jeannoise et très au fait de ce qui préoccupe les citoyens d'Alma.









