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Denis Bouchard
Le Quotidien

Un pas en avant, deux arrière. Et swing la compagnie! En ce début d'année, l'ambiance est davantage au rigodon qu'au sermon. Surtout qu'une large frange de la population a déserté les églises depuis belle lurette refusant les leçons de morale.

Cela ne veut pas dire que, collectivement, on ne mérite pas, de temps à autre, un rappel à l'ordre qui pourrait prendre la forme d'une résolution pour 2009.

 

Suivant les mauvaises nouvelles de fin d'année, liées à la conjoncture économique mondiale et à des crises financières elles aussi planétaires, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est revenu à la case départ après avoir cru traverser «Promenade» et «Place du Parc», les terrains les plus courtisés du légendaire jeu de Monopoly et qui assurent la prospérité au joueur qui a réussi à les acquérir.

Traversée du désert

La case départ en question se veut une référence aux années 2004, 2005 et 2006. Pour ceux qui ont besoin d'un rappel, plongeons-les dans l'ambiance apocalyptique de l'époque: fermeture des salles de cuves Söderberg, de l'usine Port-Alfred d'Abitibi-Consolidated, de scieries, de l'usine Chambord. Il y a eu des marches et des rassemblements populaires. Bref, l'époque, pourtant pas si lointaine, qui ressemblait au chaos.

Puis, apparut au bout d'une longue, douloureuse et dramatique traversée du désert, marquée par d'épiques affrontements entre syndicats et patrons, une lumière. C'était en décembre 2006. Alcan annonçait un investissement de 2,2 milliards de dollars au Saguenay-Lac-Saint-Jean, notamment pour la mise au point d'un bijou technologique, l'AP50.

Alcan, devenue RTA, devait en rajouter au printemps 2008 en souhaitant devancer l'échéancier des travaux et même accroître les investissements!

Soulagement

Cette annonce, accueillie avec soulagement et émotion pour certains, a malheureusement ramené les Saguenéens et les Jeannois à de mauvaises habitudes entretenues par un siècle d'industrialisation. Ils se sont assis sur une victoire éphémère! Fini les belles résolutions, les promesses et les engagements de réinventer le destin collectif.

Dans ce grand malheur, des observateurs attentifs, dont l'universitaire Marc-Urbain Proulx, avaient initié une réflexion sur le «faire autrement». Même le maire de Saguenay, Jean Tremblay, dans la foulée, s'est fait l'apôtre du grand chambardement annoncé. On devait revoir nos bases économiques, changer nos priorités, inventer, créer, reconvertir, remettre en question l'utilisation des nos ressources naturelles. Les cerveaux étaient à la position «on» ! Un promoteur régional, Roger Boivin pour ne pas le nommer, avait même pris l'initiative d'inviter un artisan de la reconversion de l'économie de Liège, en Belgique, touchée par la diminution des activités d'Arcelor.

Premiers de classe

De toutes les promesses faites, bien peu furent respectées. Seuls les producteurs agricoles, à ce chapitre, méritent une bonne note. Après la fermeture de Chambord, plusieurs juraient de transformer leur lait. Les fromageries artisanales ont poussé comme des «bactéries positives» (sans jeu de mots)! L'industrie touristique ne fut pas en reste avec le renouvellement du Zoo de Saint-Félicien et de Val-Jalbert.

Certains ont douté et même ri du projet des bateaux de croisière de Saguenay, mais dressez la liste de ce que vous possédez aujourd'hui et que nous n'aviez pas en 2004. Vous aurez trop de doigts dans une seule main pour en faire le décompte modeste. Vous aurez surtout les bateaux de croisière!

Il faudra réactiver nos cerveaux, en 2009, non pas en croyant que la région peut se placer à l'abri des vicissitudes de l'économie mondiale, mais en espérant plutôt qu'elle soit moins à la remorque de ses soubresauts.

Et ceux qui croient que nos ressources naturelles devraient faire de nous un Émirat du Nord, il y a une mauvaise nouvelle pour eux: ils n'ont rien compris!

 

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