Refaire l'histoire

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Denis Bouchard
Le Quotidien

Saguenay investit au-delà de 10 millions $ dans la construction d'une bibliothèque, sur la rue Saint-Dominique, et pour le déménagement du Bureau du tourisme à l'intersection de Saint-Dominique et du boulevard Harvey. Le projet comprend, également, l'acquisition de quelques édifices. Les rabat-joie auront raison de recommander la prudence, car il ne faut pas crier à l'idée du siècle et conclure que le secteur revivra comme au bon vieux temps. C'est plutôt dans l'essence même du geste et dans son esprit que se trouvent les véritables raisons de se réjouir.

Le temps des choix

D'abord, parler «du» centre-ville constitue une révolution à Jonquière. Parce qu'aux yeux de plusieurs, il en existe trois! Comment voulez-vous soutenir le développement de trois centres-villes, alors qu'aucun n'émerge véritablement? Le renforcement de Jonquière n'empêchera pas Kénogami et Arvida de se bâtir une personnalité et un caractère propre, en complément au maître-lieu.

 

Parlons des mauvaises décisions prises à une époque somme toute assez récente...

La pire, probablement, aura été d'autoriser la construction de l'Holiday Inn là où il se trouve. Aujourd'hui, personne ne remet en question la présence de cet hôtel de grande qualité, mais il a été érigé «en plein champ», loin de toute activité économique. S'il avait été construit au coeur du centre-ville de Jonquière, près de la rivière Aux-Sables, la suite aurait été certainement différente.

Pour ce qui est du manque de vision, il suffit de citer le dossier de l'aménagement des abords de la rivière Aux-Sables, dans les années 90. À l'origine, on parlait d'une «place forte» beaucoup plus vaste que l'actuelle Place Nikitoutagan. Une poignée d'élus à l'esprit obtus ont renversé le concept audacieux original et la vision à long terme, pour le ramener à quelque chose de beaucoup plus modeste, qu'on devait surtout payer comptant!

La capitulation maintenant... Le centre-ville de Jonquière a été livré aux mains des tenanciers de bars, dont certains et il faut répéter, certains entretenaient de relations douteuses. Ce fut la marque de commerce du secteur pendant les années 80 et 90.

Bâtir sur la culture

Voilà, en filigrane, pour le passé... Le présent, maintenant.

L'idée de rebâtir par la culture a déjà fait ses preuves ailleurs. Chicoutimi constitue un bel exemple. À ce sujet, le maire Tremblay a rendu hommage à son défunt prédécesseur, Ulric Blackburn. Ce dernier avait mis le poing sur la table pour que la bibliothèque et le centre socio-culturel soient construits sur la rue Racine. Avec quelques autres initiatives, tels l'implantation du CLSC, un règlement sur les bureaux de professionnels et, surtout, l'aménagement de la zone portuaire, le centre-ville de Chicoutimi a été sauvé.

Les familles vont à la bibliothèque, mais fuient les zones de bars. On verra une nouvelle clientèle au centre-ville de Jonquière. Le maire a promis une bibliothèque du futur, alimentée par les nouveaux médias. À l'autre bout, l'accueil touristique sera de nature à attirer également une nouvelle clientèle.

Ce sont deux petits pas vers une reconstruction. Il s'y trouve déjà quelques commerces qui vont bien. La véritable réussite passe par le soutien de l'investissement privé. Le milieu d'affaires jonquiérois doit être le premier à croire en son centre-ville, plein de potentiel. La balle est dans son camp!

 

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