Le gouvernement est toujours en période de réflexion. Il s'interroge, notamment, sur la manière dont sera financée la construction de cet établissement appelé à prendre le relais du Centre de détention de Chicoutimi arrivé à bout d'âge.
Québec jongle avec l'idée d'un partenariat public-privé (PPP) dans le genre de celui qu'il entend appliquer à Montréal avec la construction du CHUM. Cette possibilité donne plutôt de l'urticaire au député péquiste de Roberval, Denis Trottier. Dans son esprit, cette désignation voudrait plutôt dire, en effet, «pas pressé pantoute».
Certes, la remarque est ironique, mordante. Dans une certaine mesure, elle n'en demeure pas moins justifiée compte tenu, justement, des nombreux délais qui freinent, depuis quelques années, le lancement des travaux du futur méga complexe de santé universitaire de la métropole.
Infrastructure
La classe politique de cette partie de la région se mobilise derrière le maire de Roberval. Celui-ci affirme, d'ailleurs, que son administration accentue la pression auprès du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. «On l'appelle toutes les semaines», affirme Michel Larouche.
Des grandes manoeuvres sont prévues afin de placer le dossier sur la «fast track» et, ainsi, devancer, si possible, l'échéancier prévu à l'origine. Les pressions en provenance du milieu devraient se faire encore plus insistantes au cours des prochaines semaines. Même le président de la Chambre de commerce locale, Marcel Tremblay, se fait incisif. «Ils vont entendre parler de nous!», lance-t-il, mystérieux.
Économie en lambeaux
La situation économique, au Lac-Saint-Jean, exige la prise rapide de décisions. Avec Dolbeau, le secteur de RobervalSaint-Félicien est touché de plein fouet par la crise forestière. L'économie locale de ce secteur dépend entièrement de l'exploitation de la matière ligneuse, contrairement au Saguenay, où l'industrie primaire et le commerce rendent moins dramatique les fermetures et les licenciements temporaires dans les entreprises dont les opérations sont reliées directement à la forêt.
Le ministre régional, Serge Simard, essaie tant bien que mal de calmer le jeu. Il a raison d'affirmer que son gouvernement ne se lancera à l'aveuglette dans un projet d'une telle envergure. Cependant, cet argument doit aussi tenir compte de l'urgence de la situation.
La prison régionale peut aisément s'intégrer dans le programme gouvernemental sur les infrastructures. Plus vite les travaux débuteront, moins il y aura de chômeurs dans cette partie de la région!
Il y a des moments dans la vie où la nécessité s'impose de bousculer certaines habitudes qui, en temps normal, font foi de tout.
Le gouvernement québécois doit passer à l'action, il a assez réfléchi.










