Le «vous» ci-haut mentionné s'adresse évidemment aux parents dont les enfants sont en fin de parcours au secondaire ou, encore, qui en sont sortis. Ces élèves achèvent ou viennent de quitter un modèle qui doit être redéfini, clame-t-on haut et fort. Très rassurant, n'est-ce pas, quant à la formation qu'ils ont reçue!
Décrochage scolaire
Pendant les 11 années au cours desquelles les enfants ont parcouru le primaire et le secondaire, les parents ont pu observer tout ce qui cloche dans le système.
En fait, ces parents ont été exposés à tout ce que l'«on» a jamais voulu leur avouer. Pendant cette période, «on» aura essayé de les convaincre que l'école fonctionne «comme ça» et que «ça marche». Bien plus, «on» leur a dit que ceux qui réussiraient à passer à travers feraient de bons citoyens plus tard. Jusqu'à ce que le système implose en laissant dans son sillage des statistiques implacables touchant le décrochage scolaire. Trente pour cent dans certaines régions du Québec, comme dans le Montréal métropolitain...
Jouer à l'autruche
Est-ce que ça marche encore à 30 pour cent de décrochage? Ça commence à faire pas mal d'échecs, n'est-ce pas? Devant un tel tableau, il serait facile de critiquer tous ceux qui vous ont menti ou qui ont répondu à vos questions la tête dans le sable. Comme tous ceux qui vous ont affirmé avec certitude, et la mine convaincante, qu'il n'y a pas de problème d'intimidation à l'école, qu'il n'y pas de mauvais profs, qu'il n'y a pas de drogues à la poly, qu'il y a des ressources pour vous aider mais que le psy «ne sera disponible que dans un mois parce qu'il fait plusieurs écoles», etc.
La pointe de l'iceberg
C'est curieux comme les commissions scolaires ont soudainement des solutions pour les victimes de rejet. Le cas de David Fortin n'est que la pointe de l'iceberg.
Voyez-vous, les objets de colère sont nombreux. Mais, si, finalement, tout cela peut servir, alors, disons qu'à quelque chose malheur est bon. Cela voudrait dire que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et ses hauts fonctionnaires sont disposés à revoir ce modèle. Les idées foisonnent, bien sûr, mais faut-il absolument que ce soit complexe à ce point? Les solutions les plus simples ne peuvent-elles convenir?
Là où il y a des besoins
Ce sont les écoles qui ont besoin de ressources et de personnel, alors que l'argent et les centaines de fonctionnaires sont dans le ministère. C'est quasiment trop simple pour être vrai. En tout cas, bien trop simple pour nos politiciens et nos hauts fonctionnaires.
Il y a une autre solution tout aussi simple, trop, tout bien considéré...
Si les programmes Sports-Arts-Études contribuent à l'épanouissement des élèves bien pourvus intellectuellement, pourquoi ne seraient-ils pas aussi bénéfiques à ceux qui apprennent plus difficilement? Autrement dit, pourquoi un jeune qui se tient dans une moyenne de 60 à 65 pour cent n'aurait-il pas accès, lui aussi, à ce genre de formation? Après tout, ne dit-on pas que l'école québécoise accorde la même chance à tout le monde?
Il faut éviter le piège de la recette magique et de la vue d'esprit. Ce n'est pas simple, l'éducation. Il existe, cependant, des principes difficiles à contourner, tels l'autorité, l'aridité de l'apprentissage, la compassion, la compétence des professeurs, etc. Peut-être aussi faudrait-il éviter de trop expérimenter sur les enfants...
À la décharge de ce système d'éducation qui s'adapte mal, il faut aussi dire qu'un bon pourcentage de parents a décroché. Ils demandent à l'école d'assumer leurs responsabilités.









