Une impression rendue encore plus tenace en raison de la présence, en 2007, à la tête du conseil d'administration de l'organisme, de Gilbert Grimard, un entrepreneur en gros travaux du SaguenayLac-Saint-Jean qui se trouve être, aussi, vice-président du Parti libéral du Québec (PLQ).
Manque de projets
Les règles d'Investissement Québec semblent avoir été respectées à la lettre, en effet. Mais, il en faudra davantage pour dissiper tous ces doutes, qui font encore trop de place au conflit d'intérêts potentiel. Ce qui démontre encore une fois, malheureusement, que ce qui est légal n'est pas toujours forcément moral. Surtout en politique!
Encore plus désolant, l'un des arguments avancés pour justifier le fait qu'une partie importante de ce fonds d'investissement destiné, à l'origine, à favoriser le lancement d'entreprises locales ait pris le chemin de Montréal, constitue un faux prétexte. À la limite, une insulte à l'intelligence. Cette décision aurait été prise parce que la région ne soumettait pas suffisamment de projets, rien de moins! Pourtant, afin de corriger cette situation, le frère jumeau de Boréal lui a proposé une association. Ce que confirmait au Quotidien, hier, Pierre Lévesque, de FIER-O2 du SaguenayLac-Saint-Jean.
Dans les circonstances, cette suggestion allait de soi étant donné que le plus fort, en absorbant le plus faible, aurait au moins permis à la région de conserver le contrôle total et entier sur un outil de développement mis spécialement à sa disposition par le gouvernement. Vous pouvez parier, surtout, que le FIER-02 du SaguenayLac-Saint-Jean, compte tenu de la haute performance qu'il affiche, n'aurait pas mis de temps à mettre la main, lui, sur des entrepreneurs dynamiques ne demandant qu'à obtenir un coup de pouce financier.
«Pas touche!»
Claude Blanchet, l'ancien PDG de la Société générale de financement (SGF) a déjà affirmé, devant le Cercle de presse, que la région manquait d'entrepreneurs et que sa réputation de dynamisme en affaires était surfaite. L'explication du FIER-Boréal, pour justifier sa gestion, ressemble étrangement à celle exprimée par cet ancien grand commis de l'État. Et qui lui a valu, à l'époque, une volée de bois vert méritée de la part des Saguenéens et des Jeannois. De plus, la position de l'organisme est cousue de fil blanc. Elle provient de gens d'affaires trop près du pouvoir et qui, de surcroît, se posent en juges et parties. Toute justification de leur part, ou tentative allant dans ce sens, est forcément à prendre avec des pincettes.
Dans un tel cas, la prudence la plus élémentaire, pour ne pas dire l'éthique, aurait dû s'inspirer du plus banal des devoirs de réserve: pas touche! C'est pourtant simple...
Crise de confiance
Cet autre tour de passe-passe dans la gestion de l'argent des contribuables s'inscrit dans l'actualité à un très mauvais moment pour le gouvernement libéral. Les administrations publiques sont confrontées à une crise de confiance encore jamais vue. Ce qui se passe, par exemple, à l'hôtel de ville de Montréal va au-delà de l'entendement.
Le privé n'échappe pas au phénomène. Les révélations en provenance de la FTQ-Construction ont de quoi faire dresser les cheveux sur la tête. Des PDG de grandes multinationales en faillite, ou sur le point de l'être, se payent des traitements royaux sur le dos de travailleurs qui ont de plus en plus tendance à se transformer en chômeurs.
Si un grand ménage s'impose dans le capitalisme, les gouvernements devront eux aussi se soumettre au même traitement avant que le peuple ne les rappelle brutalement à l'ordre.










