En abolissant de façon unilatérale une clause négociée apparaissant en bonne et due forme dans la convention collective la compagnie américaine s'est placée dans l'illégalité, conclut la justice québécoise.
La semaine dernière, le rappel de travailleurs ayant cru de bonne foi pouvoir prendre leur retraite avant terme avait créé toute une commotion dans le groupe concerné. Une réaction fort compréhensible, on le devine aisément. Le public n'était pas resté indifférent, lui non plus, face à cette mesure extrême prise par la forestière. Celle-ci, sous la protection de la loi pour éviter la faillite, doit près de 7 milliards$ à ses débiteurs.
Goutte d'eau dans un océan de faillite
Ce gain peut apparaître modeste dans le contexte actuel. Il a toute de même valeur de symbole...
À moyen terme, les travailleurs contribuant toujours à leur fonds de pension et les retraités s'exposent, en effet, à des pertes substantielles. Car, si la dette d'AbitibiBowater peut être considérée, à tous égards, comme astronomique, il faut également tenir compte du fait que les différents régimes de retraites de la compagnie affichent un déficit accumulé de pas moins de 1,4 milliard$!
Si l'entreprise devait finalement se résoudre au dépôt de bilan, les conséquences se révéleraient catastrophiques sur les budgets de milliers de gens ayant cru pouvoir se retirer paisiblement après toute une vie de bons et loyaux services.
L'image d'AbitibiBowater continue de se détériorer au sein de l'opinion publique. La semaine dernière, les médias québécois mettaient de nouveau en évidence la prime royale de près de 18 millions$ consentie à John Weaver, à son départ. Les actionnaires et, par ricochet, les employés, ont même payé les frais de déménagement de l'ex-PDG.
Vite, une réforme du système!
Pendant que cette information retrouvait sa place dans les journaux, AbitibiBowater décidait de renier sa parole... Elle rappelait unilatéralement au travail des retraités imminents ayant accepté de payer plus cher, pendant leurs années de service, afin de se retirer avant terme. Et ce, après qu'elle-même eût empoché le montant d'argent des primes supplémentaires exigées en pareil cas! Le syndicat FTQ a été obligé de porter plainte devant un tribunal pour obtenir justice, in extremis.
C'est en plein le genre de comportement assimilable au capitalisme sauvage qui fait rager les gens, du simple mortel jusqu'au président Barack Obama! Des grands patrons se payent des largesses sur le dos de leurs travailleurs. Eux ou leurs successeurs, sans scrupules, vont même jusqu'à utiliser des moyens illégaux pour tenter de récupérer le peu d'argent liquide restant dans les caisses lorsque la faillite menace. Oui, le système doit être réformé. L'urgence ne fait plus désormais aucun doute!










