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Carol Néron
Le Quotidien

Québec accorde à Rio Tinto Alcan (RTA) un prêt supplémentaire de 175 millions $, remboursable en 2012. Cette intervention s'ajoute aux 400 millions $, prêtés sur une période de 30 ans, déjà consentis à la multinationale dans le dossier de réalisation de l'usine AP-50. Un tel déblocage, qui va toutefois beaucoup plus loin que ce qui était attendu à l'origine par le milieu, était souhaité ardemment depuis plusieurs mois par les maires, le caucus péquiste du SaguenayLac-Saint-Jean, les syndicats et les entreprises locales entretenant des liens d'affaires avec la multinationale.

La décision du gouvernement québécois d'agir dans ce sens permettra de faire passer le nombre de travailleurs sur le chantier de 150 à 250 au cours de l'été qui s'en vient. Le rythme futur de l'évolution des travaux dépendra, cependant, des conditions du marché, prend soin de mentionner le président de la division Métal primaire Amérique du Nord, Jean Simon.

 

AbitibiBowater, Fernand Gilbert ltée

Cette information suit tout juste de quelques heures le feu vert accordé par le juge Clément Gascon, de la Cour supérieure, au versement, par le gouvernement québécois, de 100 millions US à AbitibiBowater. Cette somme d'argent permettra à la compagnie forestière de poursuivre ses opérations quotidiennes en attendant le dépôt de son plan de restructuration. Il s'agit d'une aide financière d'urgence, intervenant dans le processus de négociations avec les créanciers et dont sont exclues toutes les dettes contractées antérieurement. Autrement dit, cet argent ne servira pas à payer les primes et les salaires qui restent encore à être versés à d'anciens dirigeants, tels John Weaver ou Dick Evans.

Le Quotidien nous apprend également que Fernand Gilbert ltée, de Chicoutimi, spécialisée dans les grandes infrastructures routières, est sur le point de décrocher un contrat de 75 millions $ d'Hydro-Québec. Cette entreprise se verra confier la réalisation de l'axe routier de 58 kilomètres conduisant aux quatre chantiers hydroélectriques faisant partie du projet La Romaine II.

Même la 175!

Bien sûr, une hirondelle ne fait pas le printemps. Ce trio de bonnes nouvelles représente tout de même une embellie remarquable au sein du sombre paysage économique confrontant le SaguenayLac-Saint-Jean, en particulier depuis l'automne dernier.

Accessoirement, Transports Québec, en collaboration avec la ville de Saguenay et RTA, lance une campagne de publicité de 450 000 $ à l'échelle de la province sur le thème de la nouvelle route 175 à quatre voies divisées. Cette opération de visibilité devrait inciter davantage de Québécois à venir nous rendre visite en éliminant de leur esprit la peur qui, de tout temps, a été associée à la traversée du Parc des Laurentides. Pour l'heure, l'industrie touristique régionale appréciera certainement ce geste à sa juste valeur, en raison des craintes qu'elle nourrit relativement à la possibilité d'une baisse substantielle du nombre de visiteurs, cet été.

Percées timides

La série noire caractérisant aujourd'hui l'économie du SaguenayLac-Saint-Jean a réellement commencé il y a un peu moins de huit mois avec l'annonce, par RTA, de l'arrêt presque complet des travaux sur le chantier de l'AP-50. La décision de Québec d'intervenir de nouveau financièrement dans ce projet, évalué lors de son annonce à plus de 2 milliards $ US, pourrait donner le coup d'envoi de la première phase de la relance économique tant attendue. Même timide, le phénomène ne resterait pas sans effet sur le moral de la population tout en restaurant la confiance des investisseurs et des gens d'affaires de la région.

Un regain d'activité commence d'ailleurs à se manifester dans certains secteurs. Des signaux encourageants nous parviennent des grandes places boursières, surtout des États-Unis où le marché immobilier semble vouloir se rétablir. Plusieurs indices démontrent aussi que les consommateurs américains reprennent goût à l'achat. Le pire n'est peut-être pas encore derrière nous, tout excès de jovialisme est à écarter, mais il y a de plus en plus de place pour l'espoir.

 

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