Les tenants de la construction d'une toute nouvelle salle de concert ont fait entendre leur voix non seulement auprès du principal promoteur du projet de rénovation, Théâtre du Saguenay, mais ils ont réussi, par surcroît, à faire élire trois des leurs au sein du conseil d'administration de la coopérative.
En prime, ils se sont vu offrir, sur un plateau d'argent, un sauf-conduit pour la démocratie et la transparence. D'abord, la coopérative n'avait pas tenu d'assemblée générale annuelle depuis 2007. Ensuite, ils (ces opposants) auraient souhaité meilleure affaire pour se propulser que jamais ils ne l'auraient obtenue. Théâtre du Saguenay avait une mauvaise nouvelle à annoncer: les activités périphériques à la présentation de spectacles ont creusé un déficit.
La cinquantaine de personnes présentes à la rencontre tenue la veille d'un congé férié ont alors appris qu'il y a eu des fausses notes à l'Opéra, lieu de diffusion sous contrôle de Théâtre du Saguenay, dont Robert Hakim, a été l'un des promoteurs. Celui-ci est aussi directeur général de Théâtre du Saguenay. La salle a rencontré ses objectifs en matière de présentation de spectacles, mais a coulé de l'argent au bar et au restaurant. La perte est de l'ordre de 182 000$, mais le nouvel acquéreur en absorbera une partie. a-t-on assuré.
Il faut se souvenir que l'Opéra s'est substituée à la salle Le Ménestrel (du Cégep de Chicoutimi) devenue vétuste et gênante. Celle-ci remplit fort bien son rôle, accueillant des artistes, tels Dan Bigras, The Box, Karkwa et plusieurs autres, qu'il n'aurait pas été possible de présenter au Ménestrel, C'est donc d'une bonne idée qu'est parti le projet de rénover et de récupérer le bâtiment de l'ancienne Librairie régionale, lequel appartient à l'Histoire de Chicoutimi et que d'aucuns souhaitaient une remise à jour. Robert Hakim, en sa qualité de directeur général de Théâtre du Saguenay, et de promoteur, a réussi un bon coup, jusqu'à ce qu'il dévoile un déficit des activités lié à la restauration et à l'exploitation du bar.
Rappelons que Robert Hakim a relancé, avec son Festival international des rythmes du monde, le centre-ville culturel de Chicoutimi, et secoué la torpeur estivale qui assaillait l'ancienne capitale du Saguenay. Comme quoi on peut réussir de bons et de moins bons coups, surtout quand on est en affaires.
Affaire d'argent
Toute cette histoire donne du gaz aux détracteurs du maire Jean Tremblay, qui ont trouvé une façon de l'atteindre par corporation interposée. N'oublions pas que Jean Tremblay, depuis qu'il est maire, s'assure d'avoir des yeux et des oreilles sur toutes les corporations municipales.
Ses opposants sont loin de la coupe aux lèvres, puisque le dossier est en gare en ce moment, attendant les résultats de l'étude de Go Multimédia. Celle-ci évalue les coûts de construction d'une nouvelle salle de concert. La suite est facile à prédire: le conseil municipal offrira les deux options: une nouvelle salle au coût de 20, 25 ou 30 millions$, ou la rénovation de l'Auditorium Dufour, dont les coûts étaient estimés à 11 millions$ avant le report du projet.
Celui qui recommandera un investissement de 20 à 30 millions$ au lieu de 11 devra se faire convaincant. Il aura, à cette étape, à parler aux contribuables, déjà tannés qu'on aille dans leurs poches. Il faudra trouver les arguments pour que le projet de nouvelle salle, si intéressant soit-il, séduise. Sur ce terrain, Jean Tremblay sera prêt!
Reste que les prétentions selon lesquelles Saguenay s'est sérieusement éloigné d'une nouvelle salle, rénovée ou neuve, se confirment, à la lumière des déclarations de la ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre. C'est clair, elle laisse les sujets du Royaume se chicaner entre eux!









