Bref, vous aurez compris que les élections municipales approchant à la vitesse du son, le maire de Saguenay tient à informer la population qu'il y a toujours un pilote dans l'avion et ce, même si l'appareil était en mode automatique ces dernières semaines pour cause de relâche estivale.
La vision de Proulx
Passons sur l'entretien des espaces verts et la liberté qu'ont pris des employés municipaux de déverser des eaux usées dans le Saguenay. Ce sont là des sujets qui, en temps normal, n'auraient pas justifié pareille tournée des médias de la part du maire. Tout au plus ces affaires auraient-elles donné lieu à quelques brèves remarques bien senties de Marina Larouche.
L'algarade servie à RTA, dans la foulée d'un projet d'investissement de près de 6 milliards de dollars au Cameroun, est davantage révélatrice. Elle s'inscrit dans la ligne de pensée de Marc-Urbain Proulx, l'économiste de l'UQAC. Celui-ci, récemment, dans Le Quotidien, revenait à la charge en affirmant à nouveau que la région, en vue de la prochaine reprise économique, devait convenir d'un nouveau partenariat avec la multinationale de l'aluminium. Pour parvenir à ce résultat, l'économiste suggérait notamment à la classe politique du SaguenayLac-Saint-Jean, d'«effectuer sa propre lecture de l'industrie en faisant connaître ses demandes de façon diplomatique.»
De plus, le professeur de l'UQAC mettait les élus en garde: «Il ne faut pas craindre le discours officiel des multinationales, qui disent attendre patiemment la fin de la présente crise [avant d'agir dans une région comme la nôtre]», laissait-il entendre.
Fatalisme
Évidemment, pour ce qui est de la diplomatie, on repassera! Jean Tremblay n'a pas l'habitude de mettre des gants blancs pour illustrer le fond de sa pensée. Surtout quand il est question des projets d'expansion ou de rationalisation de RTA dans la région, en particulier à Saguenay où sont situées la plupart des installations de cette compagnie. Le maire aligne son discours sur celui des syndicats qui se sont empressés, eux aussi, de dénoncer l'investissement de Rio Tinto Alcan au Cameroun.
Certes, la volée de bois vert servie par Jean Tremblay à RTA peut s'expliquer, en partie, par la tenue des élections municipales. Ce serait injuste, cependant, de voir seulement dans ce désaveu une simple manoeuvre électorale.
La classe politique du SaguenayLac-Saint-Jean n'a pas encore réagi à la décision de Rio Tinto Alcan d'accroître sa présence au Cameroun, en contradiction flagrante avec sa politique de rationalisation en matière d'investissements. Le fait qu'on soit en plein coeur de l'été n'explique pas tout. C'est comme si, soudain, un vent de fatalisme s'était abattu sur la région. La Conférence régionale des élus (CRÉ), même le caucus du Parti québécois, n'ont toujours pas fait connaître leurs réactions. Il se trouve seulement que Jean Tremblay a décidé de sonner le rappel des troupes trois bonnes semaines avant la rentrée officielle de l 'automne.










