Stratégie oblige, le maire sème à tout vent comme c'est souvent le cas en pareille situation et ce n'est qu'un début. Tout ça dans un contexte économique régional précaire où la reprise tarde à poindre. Certains indicateurs, faillites personnelles et taux de chômage, entre autres choses, n'apportent rien d'encourageant. Et que dire de la trame de fond: l'industrie forestière poursuit son déclin et l'aluminium inquiète, en dépit des promesses faites à la région en échange d'avantages majeurs, tels les coûts de l'énergie.
Démographie et croissance
De prime abord, les annonces du maire, toutes catégories confondues, laissent croire à un contexte de prospérité où la croissance est au rendez-vous. Analysés une à la fois, ces grands travaux semblent plein de bon sens. Cependant, le fait qu'ils arrivent à ce moment-ci tend à les banaliser parce que le contribuable est habité par le doute pendant une campagne électorale. En trame de fond, il y a une équation difficile à résoudre pour le commun des mortels: comment, dans une ville où le bilan démographique est dangereusement déficitaire, l'administration municipale peut-elle jouer la carte de la croissance?
En tout cas, le message sonne plutôt positivement. S'il fallait que les élus se laissent aller au découragement ou encore tournent au neutre, les citoyens s'en trouveraient davantage affectés. Il y a cela de bon dans les campagnes électorales; les élus affichent leurs meilleures idées... quand ils en ont. Le gros problème est que ce programme prend l'affiche sur un écran électoral. La liste des sommes engagées au cours des derniers mois est longue. Qu'il suffise de nommer le projet de bibliothèque centrale et de pavillon touristique à Jonquière (plus de 10 M$), le centre-ville de Chicoutimi (50 M$), le parc Rivière-du-Moulin de Chicoutimi (10 M$), le parc Rosaire-Gauthier de Chicoutimi (1,2 M$), la revitalisation du centre-ville de Kénogami (11 M$), le lien avec la Véloroute des Bleuets (7,2 M$), le complexe sportif à La Baie (13 M$). L'amphithéâtre sportif à l'université (10 M$), la bibliothèque à La Baie (4 M$), le centre multiservice de Shipshaw (3 M$) et le statut de capitale culturelle (635 000$). À cela, il faut ajouter le projet de salle de concerts ou de spectacles, qui peut aller du simple (11 M$) au triple, la centrale hydroélectrique et les mises à niveau du port de Grande-Anse (200 M$) et de l'aérogare de Bagotville.
Il faut reprendre son souffle pour poursuivre la liste: le parachèvement du quai d'accueil des bateaux de croisière et du village touristique, l'aménagement de Pont-Arnaud et Chute-Garneau (42 M$) et peut-être aussi la concrétisation du projet de panneaux solaires d'Elkem. Pour ce dernier projet, qui nécessiterait un investissement privé d'un milliard de dollars, les contribuables ne reprocheront pas au maire de mettre le paquet, comme c'est le cas pour les centrales hydroélectriques de la rivière Chicoutimi qui vont assurer des revenus à Saguenay pour longtemps.
Attention aux leurres
Bien évidemment, il faut éviter de tomber dans la démagogie en additionnant tous ces chiffres et conclure que Saguenay a sur la table pour un demi-milliard$ de dépenses engagées ou promises. Dans la plupart de ces projets, le provincial et le fédéral y sont généralement concernés et les déboursés se feront sur plusieurs années.
Le budget de Saguenay est tout de même de 235 591 878$, mais près des deux tiers se situent dans la marge incompressible. Alors, l'électeur aura compris qu'une promesse électorale ça relève de bien des facteurs. Sinon c'est l'endettement qui les attend. Comme quoi l'administration municipale aura un ménage à faire dans ses engagements après le 1er novembre prochain.
En attendant, pourvu que les citoyens ne se fassent pas trop d'illusion!









