Les clubs de motoneige ont été les premiers à s'approprier et développer ce vaste territoire dans les années soixante. Chaque hiver, au détour d'une excursion quotidienne, les amateurs ont toujours été nombreux à se rendre en pèlerinage au Pic de la Hutte qui, du haut de ses 980 mètres, permet de découvrir par beau temps les rives du lac Saint-Jean.
Ayant valeur de symbole, cette destination s'est inscrite dans la tradition tel un rite de passage auquel tout motoneigiste digne de ce nom devait se plier au moins une fois par saison.
Débat émotif
En 1996, la création du Parc national des monts Valin a remis en question le monopole exercé par les motoneigistes sur le Pic de la Hutte et une partie du territoire sur lequel il permet de jeter son regard. À partir de cette année-là, les amateurs ne devaient plus seulement partager leur terrain de jeux hivernal, pour eux, son accès devenait tout simplement interdit. En attendant, insulte suprême, leur présence était à toutes fins utiles seulement tolérée. Exit la tradition, place à la conservation!
La bonne nouvelle, c'est qu'il faudra désormais parler au passé de ce débat entre la raquette et le moteur à explosion. La discussion, souvent empreinte d'émotivité et de frustration de part et d'autre, aura perduré pendant une bonne douzaine d'années. L'ouverture de cinq nouveaux sentiers donnant accès à autant de pics met un terme définitif à la polémique.
En fin de semaine dans le Progrès-Dimanche, les motoneigistes avouaient même sortir gagnants de l'échange. Ils perdent le Pic de la Hutte, en effet, mais obtiennent en retour de nouveaux panoramas autant, sinon plus disent-ils, spectaculaires.
Les Hautes-Gorges
La région de La Malbaie a été confrontée, elle aussi, à une longue controverse de ce genre. Concilier les points de vue des motoneigistes et ceux des amateurs de loisirs hivernaux davantage axés sur la contemplation de la nature que sur la vitesse de déplacement n'aura pas été chose facile. Plusieurs années y auront été nécessaires, en effet, pour détourner vers un autre secteur l'illustrissime sentier des Hautes-Gorges conduisant, notamment, au Casino de Charlevoix. C'est également la création d'un parc de conservation par le gouvernement québécois qui a obligé le milieu de cet autre paradis de la motoneige à s'ouvrir au dialogue.
Le Saguenay aura mis pas moins de 14 ans pour trouver la solution au problème. C'est beaucoup de temps et d'énergie perdus, surtout si l'on tient compte du fait qu'il en aura coûté seulement 400 000 $ à la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) pour ouvrir ces nouveaux sentiers.











