Entre-temps, la facture continue de grimper ainsi que le précisait, hier dans Le Quotidien, le chef Gilbert Dominique.
Rien que pour Mashteuiatsh, c'est pas moins de 13 millions$ qui ont été versés ces trois dernières décennies à diverses études d'avocats en échange de leurs conseils. C'est Ottawa qui acquitte la facture en attendant la signature de l'entente, qui se traduira, selon Gilbert Dominique, par le versement d'une indemnité totale d'environ 260 millions$ à l'ensemble des communautés québécoises ayant accepté le règlement. Celles-ci devront rembourser le gouvernement fédéral en puisant dans ce pactole. Évidemment, vous aurez deviné qu'en bout de ligne ce sera le contribuable qui assumera la note.
Rencontre avec Jean Charest
Bon an, mal an, la machine à fric roule donc à plein régime. Seulement pour 2009-10, Québec s'est déjà fait à l'idée de verser 800 000$ à ses conseillers légaux de la firme Ogilvy Renault. La Presse estime que, depuis 1979, le coût total des négociations avec les Innus flirte avec les 50 millions$!
La semaine dernière, Gilbert Dominique a pu rencontrer Jean Charest. Le chef de la communauté de Mashteuiatsh semble être sorti satisfait de l'entretien. Le ministre des Affaires autochtones, Pierre Corbeil, croit, quant à lui, qu'une entente peut être conclue à court terme mais refuse, du même souffle, de se compromettre en y allant d'un échéancier précis.
Les élus du Lac-Saint-Jean sont en mode «attente», eux aussi. Toutefois, l'impatience semble sur le point de percer pour de bon. Le maire de Saint-Prime, préfet de la MRC Domaine-du-Roy et, accessoirement, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, plaide en faveur d'une conclusion rapide des négociations au nom de la «diversification de l'économie régionale». Le maire de Roberval, Michel Larouche, voisin immédiat de Mashteuaitsh, affirme: «Si c'est bon [l'Approche commune] pour les Autochtones, c'est bon aussi pour nous!».
Flou
Seule voix quelque peu discordante au sein de ce concert à première vue unanime, celle du maire de Saguenay, Jean Tremblay. Celui-ci avoue toujours son scepticisme, même s'il paraît moins enclin aujourd'hui qu'en 2004 de s'en prendre au traité.
Le flou continue de caractériser les négociations, ce qui fait croire à plusieurs (à tort ou à raison?) qu'elles piétinent. Un sentiment rendu encore plus persistant quand on prend connaissance de ce qu'il en coûte aux gouvernements pour négocier.
Pour l'instant, les grands gagnants de l'Approche commune, ce sont les firmes d'avocats. N'est-ce pas toujours ainsi que ça se passe?










