Il n'y a jamais de fumée sans feu. Nous sommes ici en présence d'un air connu... À Saguenay, en effet, le refrain présente même depuis trois ans quelques fausses notes allant de l'aigu à grave. La cacophonie est telle dans la ville du maire Jean Tremblay qu'elle oblige la tenue d'une consultation publique, une opération caractérisée jusqu'à maintenant par la persistance d'un dialogue de sourds entre les tenants des options en présence.
Commission scolaire
Alma étudierait donc la possibilité de construire une nouvelle salle de spectacle dans le centre-ville au coût de 16 millions$, afin de remplacer les installations actuelles vieilles de 30 ans. La Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, pourtant propriétaire de l'Auditorium appelé à être mis au rancart, viendrait tout juste d'être mise au courant de cette intention. Une étude de faisabilité déposée en juin dernier, sans que personne n'en ait entendu parler, aurait coûté 150 000$.
Le directeur général de la CS, Éric Blackburn, s'interroge tout en laissant percer sa contrariété. Même si la décision d'explorer davantage le dossier aurait été prise par le conseil municipal précédent, le fonctionnaire ne semble pas du tout apprécier que son organisme, à titre d'intervenant majeur, n'ait pas été mis au courant de la démarche au moment où celle-ci aurait été initiée.
Hier, dans Le Quotidien, Éric Blackburn paraissant davantage enclin à favoriser l'option de la rénovation, à laquelle est attachée une facture de 8 millions$, plutôt que la construction d'une nouvelle salle dans le centre-ville. Les commerçants de l'endroit prêchent quant à eux pour leur clocher! Le conseiller Jocelyn Fradette, qui a hérité du dossier, avoue qu'un mouvement serait en train de se dessiner afin de faire pencher la balance de leur côté.
Angélisme
Rumeur ou pas, la table appelée à accueillir les intervenants présente tous les éléments propices à la naissance d'un débat aussi émotif qu'acrimonieux. Si jamais le dossier devait suivre son cours, Alma saura-t-elle tirer des leçons de ce qui se passe à un jet de pierre de chez-elle? Jocelyn Fradette insiste sur la nécessité pour le conseil municipal de ne prendre parti ni pour la rénovation de l'Auditorium, ni pour la construction d'une nouvelle salle dans le centre-ville. Une mise en garde (un souhait?) qui va de soi, éventuellement, mais qui fait aussi beaucoup de place à l'angélisme. Car, en bout de ligne, ce serait aux élus municipaux de décider.
L'exemple de Saguenay
L'administration de Jean Tremblay a cru à tort, l'hiver dernier, que le dossier de la rénovation de l'Auditorium Dufour était clos. Elle a été prise à revers par une action spontanée d'étudiants derrière lesquels se dissimulaient des opposants au maire. Dans le cas présent, le seul élément qui pourrrait jouer en faveur des élus almatois réside dans le fait que, les élections municipales étant désormais choses du passé, ceux-ci n'auraient pas à craindre qu'une cabale politique puisse interférer dans le débat.
Si jamais, à Alma, le projet devait évoluer, le cafouillage constaté à Saguenay pourrait se révéler utile dans la mesure où les élus prendront acte de tout ce qu'il faut faire, et surtout ne pas faire, pour éviter de se perdre dans des discussions sans fin pour être obligés de tout reprendre à zéro. L'argument économique ne fait pas foi de tout dans un dossier de ce genre. Il se trouve encore des gens qui sont prêts à mettre le prix pour avoir accès à des équipements culturels supérieurs, situés dans des endroits jugés stratégiques, plutôt que de devoir se résigner à en fréquenter d'autres, plus modestes et, par conséquent, dont la qualité peut laisser à désirer.










