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Denis Bouchard
Le Quotidien

Le contribuable aime bien être diverti, mais ils préfèrent les discours terre à terre. N'empêche que le projet de circuit culturel et des artistes, présenté plus tôt cette semaine par le président de l'arrondissement de Jonquière, Réjean Laforest, apporte de l'espoir et, surtout, marque l'existence d'un plan de match dans un secteur qui a trop donné l'impression de souffrir cruellement d'un manque d'audace au cours des dernières années.

En exclusivité au QUOTIDIEN et à la journaliste Mélyssa Gagnon, Réjean Laforest a étalé dans l'édition de mardi les grandes lignes d'un circuit culturel et artistique autour d'un quadrilatère qui ne demande qu'à être mis en valeur. Le secteur de la Saint-Do, la promenade de la Rivière-aux-Sables et ses halles, la passerelle en aluminium, Place Nikitoutagan, le cégep, le Mont- Jacob et les environs peuvent effectivement s'afficher comme un ensemble plus consistant.

 

Du concret

L'idée, c'est vrai qu'elle peut être comparée au Croissant culturel de l'arrondissement de Chicoutimi, un projet inachevé, trouvera sa légitimité dans son originalité et ses particularités. Jonquière n'a pas besoin de rêver, mais plutôt et surtout de réaliser des projets concrets, susceptibles de devenir une véritable vocation connue et reconnue.

Depuis la fusion en 2002, Jonquière n'a pas trouvé sa véritable place dans Saguenay, bien que le secteur ait reçu sa part d'investissements publics. La fusion n'a fait qu'amplifier un état de faits découlant d'une vocation industrielle pâlissante. Depuis les années 80, le déclin industriel a fait mal à ce secteur, jadis la ville la plus riche du Saguenay. Les pâtes et papier et l'aluminium, qui portaient le sort de l'ancienne ville, ont encaissé une série de coups qui les ont passablement affaiblis.

A cela s'ajoutent des choix qui ont fait mal, à la longue, au centreville de Jonquière. L'ère des bars et terrasses a fait son temps et l'après est plutôt triste et désolant.

Le projet en question, donc, devrait aussi inciter Saguenay à apporter (enfin) un éclairage sur les missions et vocations qu'il veut bien donner à l'ensemble du territoire. Pour ménager les susceptibilités et par calcul politique, Saguenay ne veut pas dire tout haut ce qu'elle est en train d'officialiser. La Baie devient un quartier portuaire, Chicoutimi, le véritable centre-ville par sa force d'attraction, et Jonquière cherche une vocation pour trois centre-villes. Les trois anciens centres-villes d'Arvida, Kénogami et Jonquière cherchent à survivre en ne sachant pas trop dans quelle direction aller. Pour Kénogami, il ne peut y avoir plus bel exemple que la rue Roussel à Chicoutimi-Nord, qui est au coeur d'un milieu de vie riche avec ses services de proximité indispensables et incontournables pour les consommateurs.

Coudées franches

Il faut souhaiter que le conseiller municipal, Réjean Laforest, qui, en sa qualité de président de l'arrondissement, porte fermement le dossier, en évitant les écueils politiques et en demeurant inébranlable devant ceux qui veulent tout partout. Quand on fait des choix, il y a des mécontents, mais si on les fait pour l'intérêt de la majorité et des futures générations, il vaut la peine de froisser quelques esprits obtus.

Certes, on est en droit de se demander si M. Laforest aura l'aplomb nécessaire pour éviter la situation du parc Price, où les promoteurs ont trouvé l'argent pour la mise à niveau des équipements, tout en cherchant une vocation, ou encore comme le projet de bibliothèque, annoncé en grande pompe en mars dernier par le maire Jean Tremblay, et qui ne pourrait être inauguré qu'en 2013!

Parfois les méandres politiques sont tels qu'ils font perdre la foi aux plus croyants et le projet du Centre d'amélioration, de maintien et de prévention de la santé (CAMPS) de Jonquière en constitue un exemple patent. Après avoir alimenté des campagnes électorales, voilà que le projet tombe au neutre parce que Québec se traîne les pieds!

 

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