À plusieurs reprises, le maire a annulé les hausses d'évaluation immobilière en réduisant d'autant la taxe foncière. Bien des gens se questionnaient à ce sujet. Pourquoi se priver de revenus provenant de l'augmentation de la valeur des immeubles? Le maire l'a fait pour épargner le gagne-petit, un choix, entre autres choses, qui lui a valu le qualificatif de populiste. Le contraire lui aurait attiré les pires jugements.
Climat politique
L'expression «autre contexte» fait le lien avec les événements marquants des derniers mois: les jugements lapidaires dans les dossiers de l'évaluation municipale (impliquant L'Immoblière) et le congédiement de l'ancien directeur général, Bertrand Girard, deux causes portées en appel, ainsi que le dossier de la salle de spectacles. Dans cette dernière affaire, des jeunes sont sortis de l'indifférence qui les caractérise pour contrer le projet de la ville. Celui-ci priorise l'aménagement de la salle de spectacles à même les installations du Cégep de Chicoutimi. Ces jeunes souhaitent plutôt un nouveau site, celui de l'ancienne zone ferroviaire au centre-ville de Chicoutimi.
Ce serait tentant d'affirmer que le maire et son administration ont eu une fin de mandat difficile. Tentant, mais pas forcément vrai... Jean Tremblay a obtenu 78% de la faveur populaire aux élections municipales du 1er novembre. Le jugement contre la ville dans l'affaire de L'Immoblière avait été rendu public et le renversement dans le dossier de la salle de spectacles était connu. Il ne manquait que le jugement relatif au congédiement du directeur général, tombé le 16 novembre.
Dans le budget 2010, la ville réclame son dû. Ses besoins ont augmenté, notamment en raison de l'entrée en vigueur du schéma de couverture de risques. Le conseiller municipal en charge du budget, Jean-Yves Provencher, réfère également à l'inflation, un concept qui n'existait pas à Saguenay auparavant! C'est là que le contribuable peut froncer les sourcils. Le maire s'en passe quand ça fait son affaire et l'utilise à son avantage quand il y trouve son compte! C'est ce qu'on appelle être rattrapé par la réalité.
Les enjeux et l'avenir
Si on analyse froidement le budget, excluant toute ambiance politique, la hausse de taxes se justifie. Certes, il aurait été préférable de se faire imposer une augmentation graduelle sur quelques années, une idée qui aurait pu être mise de l'avant puisque le schéma de couverture de risques était annoncé depuis la fusion.
Le maire pourrait répondre à ça - et il aurait tout à fait raison -: c'est facile à glisser dans un commentaire mais plus compliqué pour un élu!
Ce qui ajoute un goût amer à cette hausse de 15%, c'est que le maire Tremblay ne l'a pas défendue lui-même. Son état de santé ne lui a pas permis. Ses détracteurs diront qu'il ne manque pas une occasion de se couvrir de gloire.
Dans un contexte où des jeunes souhaitent des équipements à la hauteur de leurs aspirations et de l'espoir qu'ils entretiennent vis-à-vis de l'avenir, des exigences des aînés pour maintenir leur qualité de vie, de la situation économique et du déclin démographique, un plan de gestion clairvoyant et transparent à long terme devient impératif, quitte à mettre de côté quelques velléités politiques et électoralistes!









