Exploitation
Le projet d'érection d'une minicentrale sur le site de la Onzième chute, sur la rivière Mistassini, dans le secteur de Girardville, a fait ressurgir dans l'actualité la toujours brûlante question de l'exploitation hydraulique des rivières de la région.
Ses promoteurs, les MRC Maria-Chapdelaine et Domaine-du-Roy, ainsi que la communauté de Mashteuiatsh, assurent que le projet n'aura aucun impact notable sur l'environnement, ni sur le débit du cours d'eau. La construction de l'ouvrage, d'une puissance de 16 MW, nécessite un investissement de 55 M$. Les trois promoteurs se partageront des retombées annuelles estimées à 6,4 M$.
Ce projet, qui n'a pas soulevé beaucoup d'opposition lors des présentations publiques tenues à Girardville et Mashteuiatsh au début du mois, s'ajoute à plusieurs autres du même genre présentement en cours d'élaboration.
À Val-Jalbert, les trois mêmes partenaires pilotent la construction d'une autre minicentrale d'une puissance de 10 MW. Les travaux devraient débuter en 2010 et générer des retombées de 25 M$. Saguenay s'affaire actuellement à remettre en service les centrales Pont-Arnaud et Chute-Garneau, un chantier de plus de 40 M$. Ailleurs, la MRC du Fjord évalue un projet de 23 M$ visant la construction d'une centrale sur la rivière Shipshaw, à Saint-Ambroise, tandis que les localités de Chambord, Desbiens et Saint-André planchent sur la possibilité d'exploiter le fort potentiel de la Chute Martine, sur la rivière Métabetchouane. Enfin, il est impossible de passer sous silence la question de la rivière Ashuapmushuan, qui refait périodiquement surface dans l'actualité et qui donne toujours lieu à des guerres de tranchées entre les opposants et les partisans de son exploitation hydroélectrique. La rivière a, jusqu'en 2011, le statut de réserve aquatique. Après, la population devra choisir entre protection, exploitation, ou un mélange des deux...
Retombées
Cette longue liste démontre que les décideurs régionaux sont intéressés par la production d'hydroélectricité. Ils font valoir, avec raison, que la construction de minicentrales et autres barrages engendrent des retombées économiques directes pour leur milieu et créent de l'emploi. Ils misent sur la vente d'énergie, et sur les profits en découlant, pour rentabiliser leur projet à long terme. Il s'agit d'une question de survie pour certaines localités, qui peinent à trouver de nouvelles sources de revenus pour renflouer leur budget.
Cette position tient la route. Mais il faut voir plus loin.
Ces minicentrales doivent, en effet, s'inscrire dans un plan visant à faire de la région un leader en énergie propre. Dans le contexte actuel, l'hydroélectricité a la cote. Pour l'industrie lourde, pouvoir s'approvisionner en énergie verte constitue désormais un atout majeur. Car la création d'une bourse du carbone nord-américaine n'est plus une utopie.
La région a aussi beaucoup à gagner sur la scène internationale. Hydro-Québec ne cache plus ses intentions d'exporter davantage d'électricité vers les États-Unis et le reste du Canada. Cette énergie verte pourra remplacer celle produite par le pétrole ou les centrales au charbon ou encore nucléaires. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean peut jouer cette carte. Surtout que l'hydroélectricité est encore une source d'énergie plus fiable et plus efficace que l'éolien. Et que, dans plusieurs régions du Québec, les hélices géantes ont de moins en moins la cote. Un défi demeure, cependant, pour tous les promoteurs intéressés à tirer profit des richesses hydrauliques régionales: démontrer qu'ils sont en mesure de générer l'énergie tout en respectant réellement l'environnement. L'acceptabilité sociale reste, en effet, la clé de tous les projets.










