Potentiel
Selon M. Montmarquette, le Québec doit absolument tirer profit de son immense potentiel hydroélectrique afin de redresser son budget. Le portrait désastreux de la situation dressé par l'économiste lors de son dernier passage dans la région, tel que l'a rapporté Le Quotidien le 18 février, fait réfléchir. Dans ce contexte, Claude Montmarquette a totalement raison en affirmant que la Belle province doit maximiser ses revenus en matière d'énergie.
Toutefois, cela ne peut se faire aux dépens des clients à faible revenu d'Hydro-Québec, et encore moins au détriment du développement et de l'occupation des régions. Les défenseurs de la hausse des tarifs d'électricité affirment qu'une telle mesure permettrait d'accroître les revenus de l'État, mais surtout d'implanter une culture axée sur l'économie d'énergie. Cet argument laisse songeur. Si les tarifs augmentent, il est loin d'être acquis que les contribuables les plus riches de la société diminuent leur consommation. De toute façon, pour cette clientèle, une hausse de quelques dollars par mois sur la facture n'aurait pas une grande incidence. Par contre, les impacts négatifs d'une telle mesure seraient décuplés pour les contribuables les plus pauvres, lesquels sont pour la plupart incapables, d'une manière ou d'une autre, de réduire leur consommation d'énergie.
Et les régions?
L'abolition des tarifs d'électricité destinés aux grandes entreprises, et au premier chef aux alumineries, aurait des conséquences désastreuses pour le SaguenayLac-Saint-Jean et les régions industrielles. Sans énergie à prix concurrentiel, le Québec ne sera plus en mesure de lutter à armes égales avec le reste du monde pour attirer de nouvelles alumineries ou des usines à forte demande énergétique. Des projets comme l'agrandissement de l'usine d'Alma seraient assurément compromis.
Récemment, lors d'un dîner-conférence à Montréal, la chef de la direction de Rio Tinto Alcan, Jacynthe Côté, a laissé entendre que les blocs d'énergie à tarif concurrentiel étaient la clé de la pérennité des activités québécoises de la multinationale. Aussi, elle a clairement indiqué que RTA souhaitait conclure des ententes sur de nouveaux approvisionnements afin de poursuivre son développement. Le Québec ne peut pas se permettre de jongler avec le sort de milliers d'emplois, ni avec celui des régions. La hausse du tarif résidentiel et l'abolition des blocs d'énergie concurrentiels ne constituent donc pas les solutions pour renflouer efficacement les coffres de l'État. L'impact socioéconomique serait trop important.
Le gouvernement doit plutôt miser sur l'accroissement de sa production hydroélectrique de façon à hausser ses ventes sur les marchés extérieurs. Les pays exportateurs de pétrole n'hésitent pas à exploiter leur ressource et à faire le plein de dollars. Le Québec ne doit pas avoir honte d'en faire autant, surtout que l'hydroélectricité est une source d'énergie propre et renouvelable. La province dispose d'un avantage concurrentiel majeur pour se démarquer.
N'hésitons pas à en profiter.










