En 2009, à la tête d'une entreprise de six employés permanents, réalisant un chiffre d'affaires annuel de plusieurs millions de dollars, le président fondateur des Éditions JCL se montre fier de ses 400 coups.
Jean-Claude Larouche a traversé bien des tempêtes et affronté bon nombre de préjugés, pour tailler sa place dans l'industrie québécoise de l'édition. Au sommet des centaines de milliers de livres vendus dans plus de dix pays, il n'a jamais perdu de vue le point d'ancrage de son vaisseau: sa région natale, le Saguenay?Lac-Saint-Jean.
Longtemps boudé par les médias nationaux, sous-estimé par les auteurs eux-mêmes, il n'a jamais remis en question la certitude que l'édition québécoise a sa raison d'être, même en région. C'est pourtant en s'ouvrant à l'étranger que JCL a pu s'épanouir et compter treize titres dépassant les 100 000 exemplaires vendus. Plusieurs prix honorifiques ont souligné son rayonnement et ses auteurs ont remporté des prix littéraires de prestige. Pourtant, cela ne semble pas suffire pour une pleine reconnaissance, constate-t-il.
Citant quelques exemples de la condescendance avec laquelle doit composer une entreprise située loin de la métropole, Jean-Claude Larouche évoque cette dame, lui demandant: «Avec quel bateau se rend-on à Chicoutimi?»
«Avec la Pinta, la Nina et la Santa-Maria, ai-je répliqué. Du mépris, j'en ai plus connu à Montréal qu'en Europe. Là-bas, peu importe d'où je viens, ce sont les livres qui les intéressent.»
Certains aspirants croient faire une faveur à l'éditeur en le sollicitant. «Comme ça, vous pourrez avoir au moins un auteur de Montréal», lui écrivait, récemment, un illustre inconnu. «J' ai répondu qu'il serait le 56e, si jamais j'acceptais son projet.»
De tous les auteurs publiés à ce jour par JCL, 33% sont du Saguenay?Lac-Saint-Jean. Les autres viennent de l'extérieur, comme le Français, Henri Belloto (Les portes du silence, Illusions), ou la Gaspésienne, Marie-Paule McInnis, qui lancera, mercredi, son premier livre témoignage: «La Survivante».











