Et puis, on se fait vacciner ou pas?

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Catherine Delisle
Le Quotidien

La vaccination est l'une des mesures les plus efficaces de l'histoire moderne de la médecine pour prévenir les pandémies. Ce n'est pas moi qui le dis. C'est le directeur de la protection publique du Québec, le Dr Horracio Arruda.

Je le crois dur comme fer. Enfin, je le croyais... jusqu'à ce que la confusion s'installe et que tout le monde s'agite au sujet de la «redoutable menace» qui plane sur nos têtes: la grippe A (H1N1).

 

Aujourd'hui, je ne suis plus certaine de rien. Moi, pauvre journaliste, comment pourrais-je affirmer, désormais, d'un ton assuré, que la vaccination est un incontournable, alors que les experts tergiversent?

Oups! Ai-je dit «la» vaccination. Je rectifie. Il faut dorénavant parler «des» vaccinations: celle contre la grippe saisonnière et l'autre, apparemment plus inquiétante: la A (H1N1).

Nous avons obtenu tellement de messages contradictoires que je me demande même si je recevrai la vaccination contre la grippe saisonnière, cette année. Tout un revirement, dans mon cas. La vaccination était devenue, pour moi, une religion.

J'ai même chroniqué à ce sujet. Encore un peu et j'accusais tous ceux qui ne se prêtaient pas à l'exercice d'inconscients irresponsables. Faut le faire!

Mais, aujourd'hui, cette situation embrouillée, ponctuée de revirements, me déconcerte.

Retour en arrière

Petit rappel: le 17 septembre (je vous fais grâce de tout ce qui a été dit et écrit sur le sujet auparavant), l'Agence de santé publique du Canada annonce que six groupes seront vaccinés en priorité contre la grippe A (H1N1) à compter du début de novembre. On comprend qu'il s'agit des groupes à risque, comme les personnes atteintes de maladies chroniques et les femmes enceintes, notamment.

Des sacs mortuaires sont même expédiés dans des communautés autochtones. Ça fait peur au monde, ça, madame!

Le 25 septembre, la direction de la Santé publique du Québec met sur la glace la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière. Pourquoi donc?

Des études menées au pays, dont le Québec, laissent entendre que le fait d'avoir été vacciné contre la grippe saisonnière augmente le risque de contracter la grippe A (H1N1). Résultat: on retarde la campagne saisonnière pour faire toute la place à l'autre... la A (H1N1).

Me suivez-vous encore? La veille, pourtant, le gouvernement du Nouveau-Brunswick avait décidé tout le contraire.

Là, je décroche. Pour que je raccroche, faudra être plussss que persuasif.

Ne quittez pas...

Dès le lendemain, donc, le 26, (vous me suivez toujours), on annonce officiellement que la campagne de vaccination contre l'influenza saisonnière sera repoussée, au mois de janvier.

La raison est simple, selon Santé publique du Québec. Comme la menace de la grippe A (H1N1) est à l'automne, on désire conserver toutes nos énergies.

Une chatte y perdrait ses petits dans tout ce cafouillage.

Voulez-vous d'autres infos?

En France, le Syndicat national des professionnels infirmiers a soulevé, lui aussi, un vent de méfiance sur son site internet.

Les infirmiers parlent des risques de la vaccination, évoquant même la possibilité (bien que très faible) de développer une maladie neurologique, comme le syndrome Guillain-Barré. Pas de quoi rire du tout. Là, on a réussi à m'achever, complètement!

Cette semaine, dans un reportage réalisé par ma consoeur, Patricia Rainville, du Quotidien, celle-ci rapportait que l'Agence de santé de la région conseillait aux gens de se faire vacciner contre la A (H1N1). Il n'empêche que plusieurs se questionnaient sérieusement à ce sujet. Ah bon! Doit-on se surprendre?

Que dire encore

J'ai lu beaucoup d'autres choses sur le sujet.

De un: deux virus circulent rarement en même temps.

De deux: pour ne pas semer la confusion, mieux vaudrait éviter d'avoir les deux vaccins en circulation simultanément.

De trois: il n'y aurait aucun danger à recevoir deux vaccins l'un à la suite de l'autre.

De quatre: les experts en santé publique n'auraient aucune idée de l'évolution que pourrait prendre la grippe A (H1N1).

De cinq: on parle maintenant de la théorie du complot mondial. Plusieurs y voient une collusion des entreprises pharmaceutiques et militent maintenant pour le boycott de la vaccination. Il ne manquait plus que ça!

Qui a parlé de confusion? Voulez-vous que je vous dise? Je ne suis pas rassurée du tout.

Pour l'instant, je vais me désinfecter les mains jusqu'à les user et tempêter contre tous mes collègues qui me toussent dans la face! Je ne voyagerai pas à l'étranger. Tiens! Tant qu'à y être, je m'enfermerai à double tour dans ma maison, la fin de semaine.

Et peut-être que je viendrai travailler avec un masque...

Réagissez: cdelisle@lequotidien.com

 

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