En 2006, aux Jeux olympiques de Turin, François Boivin avait pris le 10e rang mondial en snowboard cross. À Vancouver, le Jonquiérois ne vise rien de moins qu'un podium et il s'est préparé en conséquence. Épris de sa région, l'ancien camelot du Progrès-Dimanche a même choisi de s'y établir avec sa conjointe Nancy Bouchard, même si cela l'oblige à passer plus de temps dans ses valises. La journaliste Johanne Saint-Pierre l'a rencontré.
QUESTION (Q) - Puisque ce seront tes 2es Jeux olympiques, t'es-tu préparé différemment?
François - À mes premiers Jeux, je ne m'attendais pas à grand-chose. Je ne savais pas vraiment comment me préparer et je ne l'avais comme pas vraiment réalisé. Cette fois-ci, la préparation de l'équipe a commencé il y a un an avec un entraînement plus intense et plus spécifique. Cet été, nous avons participé à quatre camps d'entraînement alors que d'habitude, nous n'en faisons qu'un ou deux. D'ailleurs, je n'ai pas été plus de trois semaines à la maison cet été et ça n'a pas arrêté depuis avril dernier. Mais je me dis que c'est un petit blitz à donner.
Q - Pour ces deuxièmes Jeux, tu ne vises rien de moins qu'un podium. Sinon, tu seras déçu?
François: C'est vrai. Mon but est de monter sur une marche du podium, mais en même temps, il faut être réaliste: un podium, ce n'est pas facile parce qu'on court contre 40 personnes qui sont les meilleures au monde et qui ont le même objectif. Il faudra trouver une façon de se démarquer pour réussir.
Q - Comme il s'agit de tes 2es Jeux, te sens-tu moins nerveux? Comment gères-tu le stress?
François: Je ne suis pas un stressé de nature, alors ça va assez bien de ce côté-là. (rires) Je dors très bien et je me repose. Je fais ce que j'ai à faire. Je pense que l'adrénaline va commencer à monter le matin de la compétition. J'avais abordé mes premiers Jeux comme toute autre compétition. Cette fois-ci, c'est totalement le contraire. Je suis (plus) conscient que ce sont les Jeux olympiques, que c'est une journée (pour quatre ans de préparation). Je me mets de la pression sur moi-même plus que toute autre personne. Mais ce n'est pas une pression négative; c'est plus une motivation.
Q - Est-ce une bonne chose que les qualifications et les finales soient tenues le même jour au lieu de deux comme à l'habitude?
François: Ça revient un peu au même. C'est un peu tannant pour tout le monde parce que nous ne sommes pas habitués. Et je pense que même si ce sont les JO, ça va faire le même phénomène que quand tu vas faire du ski le matin et que tu ressors après le dîner: ça te tente moins. De plus, si tu te lèves du mauvais pied, il faudra trouver une façon de tourner ça en positif.
Q - Comment perçois-tu les attentes des gens à son égard?
François: Ce n'est pas une question que je me pose vraiment. Pas parce que je me fous de ce qu'ils pensent, mais parce que je sens que les gens sont généralement derrière moi. Ils sont contents et espèrent ce qu'il y a de mieux pour moi.
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