Reprenant essentiellement le programme musical présenté à Kiev, un peu plus d'un mois auparavant ? un programme dont il a pris soin de mélanger les titres et auquel il a ajouté les pièces Fine Line, Michelle et Too Many People ?, Sir Paul a fait tout un numéro de charme à la population de Québec.
Alternant succès des Beatles, de Wings et de son propre répertoire avec des présentations en français souvent pleines d'esprit, «Macca» a livré une performance qui, toute la soirée durant, a oscillé entre l'émotion et l'espoir, le souvenir et l'avenir.
Après une entrée en matière costaude, qui l'a vu interpréter en rafale ? et avec énergie ? les Jet, Drive My Car et Only Mama Knows, cette dernière tirée du récent Memory Almost Full (2007), Sir Paul et son excellent groupe de musiciens, les Bryan Ray (guitare, basse), Paul «Wix» Wickens (claviers), Rusty Anderson (guitare) et Abe Laboriel Jr (batterie), ont rendu hommage tantôt aux Beatles disparus, tantôt aux différentes phases de la carrière de McCartney.
Qu'il s'agisse d'un touchant segment dédié à George Harrison, au cours duquel il a livré une version rafraîchie de Something au ukulele ? «George Harrison était un bon joueur de ukulele, vous savez...» ? ou encore un inspirant passage fait de A Day in the Life et Give Peace a Chance, un coup de chapeau à John Lennon qui a tiré des applaudissements nourris de la foule, Sir Paul a visé dans le mille.
La voix toujours aussi juste, le registre toujours aussi large, l'énergie toujours aussi contagieuse, l'esprit visiblement à la fête, l'ex-Beatle s'est révélé être un artiste bien de son temps. L'instrumentiste, lui, se promenant allègrement de la guitare à la basse au piano, s'est montré en pleine possession de ses moyens. Et jubilant.
Déterminé à voir le public de Québec s'amuser tout autant, McCartney s'est, tout le long d'une prestation de plus de deux heures, régulièrement enquéri de l'état d'esprit de la foule. «Ça va toujours bien?» «Vous avez du plaisir?» «Que pensez-vous de mon français?» Que du bien, Sir Paul! avait-on envie de lui répondre.
Ce dernier n'allait donc pas non plus négliger les fans de Wings, à qui il a proposé plusieurs titres de cette époque, dont le pot-pourri fait de Too Many People et Bathroom Window. Et qu'avait-il réservé à la population de Québec, la véritable vedette de la soirée? «Celle-là est pour vous!» a-t-il annoncé avant d'entreprendre Michelle, l'un des plus grands succès des Beatles en territoires francophones.
Quant à Québec elle-même, «la vieille dame», comme il l'a appelée, Paul McCartney lui avait gardé ? ça allait de soi! ? un hymne de circonstances, Birthday, célèbre piste de l'album blanc.
Son gâteau d'anniversaire, décoré de spectaculaires feux d'artifice, aura pris la forme, au dessert, de Live and Let Die et Hey Jude, deux pièces au cours desquelles les 200 000 spectateurs des Plaines ont été traversés d'un immense frisson.
Ce faisant, Sir Paul aura réussi sa mission jusqu'au bout : faire danser Québec sous les étoiles et faire oublier, l'espace d'un instant, que les Plaines sont, depuis 400 ans, le théâtre de toutes nos batailles.











