Sensualité et esprit du jeu

 

Nathalie Côté
Collaboration spéciale
Québec

Plus consensuelles que provocatrices, les oeuvres d'Hélène Rochette sèment rarement la controverse. Elles séduisent par leur sensualité et l'esprit du jeu qui les anime. On reconnaît son style à ses formes taillées dans l'aluminium. «Ce sont des dessins dans l'espace» comme elle se plaît à les décrire. Ces installations évoquant des figures végétales ou animales agrémentent les espaces publics.

C'est à la suite d'un concours lancé par la Commission de la capitale nationale et grâce à une donation de la Fondation Pépin qu'un jury a sélectionné son projet de sculpture pour la promenade Champlain. Elle a proposé une forme stylisée rappelant celle des vagues, à l'intérieur duquel les passants pourront observer le fleuve et s'asseoir. Une pièce étonnante dans le corpus de l'artiste.

La sculpture de 21 pieds et de 6000 livres d'aluminium devrait faire bonne figure entre celles de Pierre Bourgault et de Jean-Pierre Morin déjà installées sur la promenade. «Depuis la pièce Fluides de la station Montmorency au métro de Laval en 2007, les contrats se succèdent», rappelle l'artiste enchantée d'avoir été choisie pour réaliser une sculpture sur la promenade.

Les aiguilles et le cône installée à l'Observatoire de la capitale en 1998 est une pièce emblématique de son approche. Elle peint à l'acrylique les feuilles d'aluminium découpées donnant une dimension personnelle aux matériaux industriels. «Ça me permet de faire de la peinture sans faire de la peinture», confie l'artiste.

De l'esquisse à la confection finale

Ces formes organiques naissent de multiples manipulations. «Je fais beaucoup de croquis pour arriver à la forme finale. Je découpe dans le métal, je fais des pliages dans le papier.»

Collaboration

La réalisation d'une oeuvre monumentale commande souvent la collaboration d'artisans. L'artiste est un peu comme un architecte. Il dirige les travaux et cherche des solutions avec les ingénieurs. «Tu ne peux pas tout faire toi-même, explique Hélène Rochette. Je fais les plans, je choisis les matériaux et ensuite je fais la gestion du projet.» La sculpteure fait l'éloge des artisans hors pair avec qui elle travaille.

«Je demande souvent des conseils à Louis Chaurette installé à Saint-Jean-Port-Joli avec qui plusieurs artistes en arts visuels collaborent.» Les artisans en arts visuels de la coopérative Le Bloc 5, Marc-Antoine Côté, Ludovic Boney et Jean-Robert Drouil­lard, sont actuellement en train de réaliser sa sculpture de la promenade Champlain.

C'est une pratique courante mais méconnue du public. D'ailleurs, depuis quatre ans, Le Bloc 5 a réalisé des oeuvres pour Carole Baillargeon, André Dubois, Agnès Riverin, Jean-Pierre Morin, Danielle April et Lucienne Cornet.

De tout temps, les artistes ont travaillé en équipe avec des artisans et des apprentis. Pas besoin de remonter jusqu'à Rodin. On n'a qu'à penser aux grandes verrières de Marcelle Ferron ? dont celle du métro Champ-de-Mars dans la métropole.

Cette pratique forme aussi de nouveaux sculpteurs. Hélène Rochette se réjouit d'ailleurs de la présence de la relève : «On dit souvent que ce sont toujours les mêmes artistes qui font de l'art public, mais on constate récemment qu'il y a plusieurs jeunes artistes qui commencent à en faire, comme Ludovic Boney et Tania Girard-Savoie.» Peut-être que bientôt Hélène Rochette aura le temps de préparer une exposition en galerie? «Un jour», promet-elle.

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer