Si aujourd'hui, en ce 19 juillet 2008, les médias persistent encore à affirmer que j'ai déjà été opposé à la venue de l'ex-Beatle, c'est qu'ils n'avaient pas vraiment le choix. Le fait d'admettre clairement que je ne m'étais jamais opposé à cette «venue» ? ce qui est la seule vérité ? équivaudrait à avouer qu'ils ont médiatisé sans les vérifier, des informations à l'origine fausses.
Ils se sont concentrés pendant trois jours sur la production et la diffusion de reportages servilement dédiés à la réaction à ce supposé mouvement d'opposition à la venue de Sir Paul que j'aurais «initié».
On a pendant tout ce temps, outrepassé toute proportion, tout équilibre journalistique quant à la présentation du texte et des faits incriminés, versus, l'exposé de la réplique de tout un chacun.
On a largement publié et diffusé la réplique du 400e, celles de M. Charest, de Mme Marois, des chroniqueurs et du public, sans même, préalablement, référer à l'auteur de ce prétendu crime de «lèse-McCartney», pour exposer les véritables faits et écrits à l'origine de «l'affaire».
Point de presse de vendredi
J'ai tenté vendredi de remettre les pendules à l'heure en réunissant les médias à un point de presse. Erreur! Plutôt que d'admettre qu'il y avait un «malentendu», comme j'acceptais d'en convenir par courtoisie, la plupart des médias ont choisi directement ou indirectement de se dédouaner en m'attribuant le fait d'avoir déjà pensé, écrit ou proféré mon opposition à la venue de Sir Paul.
J'étais, ce jour-là, supposément contraint, de «nuancer» ou de rectifier mes supposés propos antérieurs, prétendument «écrasé» par la pression de l'opinion publique, galvanisée par leurs bons soins.
Je me trouve ainsi à porter seul l'odieux d'une «erreur» dont je serais le principal et ultime coupable. Or, la venue de Sir Paul était pour moi, dès son annonce, un fait accompli que non seulement j'acceptais, mais dont je prenais acte volontiers en proposant un mot de bienvenue.
Que faut-il de plus? Cela doit-il pour autant empêcher que puissent s'exprimer des opinions entourant cette venue, bienvenue? Pourquoi les journalistes qui ont fait de même ne sont-ils pas eux aussi pris à partie aujourd'hui par leur confrérie? Un citoyen doit bien sûr être responsable de ses dires, les assumer. Je ne fais que ça. Mais je n'assumerai pas, je n'ai pas à assumer, ce qui m'est faussement attribué, directement ou par amalgame.
Le texte transmis à l'équipe de la star très tôt le matin du 15 juillet, celui signé par les Dubé et autres Curzi et transmis aux médias, ainsi que celui apparaissant sur l'affiche, est le même. Il est intitulé: «Mot de bienvenue d'un artiste québécois à Sir Paul McCartney». Cela n'a jamais été dit.
Pour une personne normalement constituée qui sait lire, ce texte ne peut révéler que le contraire de ce qui a été constamment rapporté au Québec, au Canada, jusqu'à Londres, voire en Chine, pendant trois jours ? et aujourd'hui encore ? à savoir que des souverainistes avaient entre autres choses écrit à Paul McCartney pour s'opposer à sa venue.
Dérapage médiatique
Cette fausse information transmise par les médias du Québec, est devenue, surenchère aidant, le fait de toutes et tous les Québécois(es) «d'origine française». Ce qui est odieux, je suis d'accord. Il y a manifestement, ici comme ailleurs, un dérapage médiatique caractérisé.
Je comprends que la peur d'être blâmé induise encore cette pratique unanimiste qui s'avère être au Québec un rituel obligé, mais je le déplore et le dis. On m'invective en vertu de ce qui a été publié, au mieux à la suite d'un «malentendu» médiatique, au pire à la suite d'un mélange vicieux d'objectifs médiatiques mercantiles ou politiques, aussi débridés qu'incontrôlés.
Je n'ai à assumer, je n'assume et je n'assumerai que mes véritables actes et dires, cela va de soi. À la suite du point de presse, les médias prétendent que je me suis rétracté, que je suis revenu sur mes propos pour me «rallier» au grand soulagement de tous et toutes. Alors que ce sont plutôt les médias qui ont été obligés de conclure (sans l'avouer) qu'il n'y avait jamais eu de «mouvement» d'opposition à la venue de Sir Paul, sous ma gouverne du moins... alors que je suis identifié comme initiateur d'une telle action.
Aujourd'hui la plupart des médias ont décidé de poursuivre la controverse... en choisissant de se dédouaner de toute responsabilité, pour me la refiler carrément ou furtivement bien trop commodément... en sous-entendant ou prétendant, que je me suis rétracté vendredi... ou faisant comme si.
La preuve que leur message a très bien été compris, visitez le forum de mon site Internet... je vous fais grâce de ma boîte de courriels. La cause est entendue et la sentence prononcée. Bon spectacle.











