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Vers une voie cyclable sur René-Lévesque en 2009

 

Daphné Dion-Viens
Le Soleil

Il s'agit d'un des souhaits formulés par le maire Régis Labeaume en février. Évoquant sa volonté de créer une voie cyclable utilitaire qui traverse le centre de Québec en ligne droite, il avait même affirmé qu'il pourrait s'agir du legs de la Ville de Québec pour les Fêtes du 400e afin de remplacer le projet de l'îlot des Palais, qui a été mis sur la glace.

Mais les difficultés techniques étaient nombreuses. Différents scénarios ont été étudiés, a indiqué hier au Soleil François Picard, responsable de l'aménagement du territoire au comité exécutif. L'option du chemin Sainte-Foy a rapidement été écartée puisque la rue y est trop étroite. Aménager le boulevard Laurier et la Grande Allée aurait entraîné plusieurs complications en raison des nombreux commerces et des grands édifices qui s'y trouvent. Il restait donc le boulevard René-Lévesque, où il faudra faire disparaître 325 espaces de stationnement d'un côté de la rue pour aménager la bande cyclable.

Il reste toutefois à faire adopter ce projet par le conseil municipal et à le présenter aux commerçants concernés, principalement ceux de la rue Cartier. «On prévoit que cet automne, on rencontrera les gens d'affaires et les citoyens pour les entendre sur ce projet. On est sensible à la perte de stationnement», affirme M. Picard, soulignant toutefois qu'il n'y a pas d'autres options sur la table. Puisque la bande cyclable sera ouverte du 1er mai au 31 octobre (comme toutes les autres pistes cyclables de la Ville), le stationnement sera permis en dehors de cette période.

Le Renouveau municipal, majoritaire au conseil, doit quant à lui étudier cette proposition ce matin. Jean-Marie Matte, chef du RMQ, a indiqué hier qu'il était trop tôt pour faire connaître la position de son parti.

L'aspect sécurité doit par ailleurs être plus longuement étudié, a ajouté de son côté M. Picard. Puisque les autobus conserveront leur voie réservée, ils devront empiéter sur la bande cyclable à chaque arrêt, pour faire monter et descendre les usagers.

Il s'agit d'une façon de faire qui existe déjà en Europe, indique le conseiller de Lebourgneuf. Les chauffeurs du Réseau de transport de la Capitale (RTC) recevront d'ailleurs une formation pour faciliter la cohabitation.

Les travaux, évalués entre 1 et 2 millions $, devraient être terminés pour l'été 2009. M. Picard a toutefois affirmé que cette piste cyclable ne fera pas figure de legs de la Ville pour le 400e. «On est capable de viser plus haut que ça», a-t-il lancé.

Plan directeur

Cette nouvelle proposition a été ajoutée au projet de plan directeur du réseau cyclable, qui a été présenté cet automne. Quelques modifications ont été faites, à la suite des consultations publiques qui se sont déroulées cet automne.

La version finale, plus détaillée, sera présentée ce soir au conseil municipal. D'ici 10 ans, la Ville de Québec prévoit doubler son réseau cyclable, passant de 278 à 570 kilomètres. Le plan prévoit un meilleur réseautage entre les parcours existants afin de rendre le circuit plus utilitaire que récréatif, comme c'est le cas présentement.

Une étude de faisabilité concernant l'implantation de liens mécaniques entre la Haute-Ville et la Basse-Ville sera aussi réalisée, mais il s'agit d'un projet à plus long terme, poursuit M. Picard. La Ville aimerait profiter de la réalisation du projet Le Diamant de Robert Lepage ? qui consiste à aménager deux salles de spectacle dans le tunnel Dufferin, sous l'autoroute ? pour installer un escalier mécanique qui permettrait aux spectateurs d'accéder aux salles, mais aussi aux piétons et aux cyclistes de se rendre en Haute-Ville. «Mais ça, ce n'est pas pour demain», a-t-il laissé tomber.

Un bon départ

La création d'une bande cyclable sur René-Lévesque serait un bon départ pour le vélo à Québec, selon les organismes de promotion du cyclisme.

«Ce serait, à ce jour, le geste le plus fort qui aura été fait pour faciliter le vélo à Québec», a lancé Christian Savard, président d'Accès transport viable. Un «gros morceau» puisque l'axe de déplacement le plus achalandé à Québec est celui entre Sainte-Foy et le Vieux-Québec, ajoute-t-il, où il manquait un lien «direct, sécuritaire, convivial et rapide» pour les cyclistes.

Même son de cloche de la part de Jeanne Robin, présidente de Promo-Vélo, qui n'est pas vraiment inquiète de la cohabitation entre autobus et vélo. «Ce sera de toute façon beaucoup moins dangereux que d'être coincé entre les voitures et les autobus, comme c'est le cas pour les cyclistes qui roulent déjà sur René-Lévesque», a-t-elle indiqué.

Consultation publique

Les deux organisations avaient sévèrement critiqué la première mouture du plan directeur du réseau cyclable, présenté l'automne dernier, puisqu'il ne contenait aucun échéancier ni budget pour accompagner les objectifs de développement.

Les citoyens n'ont pas non plus été tendres envers la Ville lors des consultations publiques, auxquelles ont participé 235 personnes. Le tiers des participants ont évoqué les déficiences du réseau cyclable, estimant qu'il devait être développé pour améliorer son efficacité. Il s'agit du commentaire qui est revenu le plus fréquemment. La demande la plus souvent répétée a d'ailleurs été celle de construire une voie cyclable est-ouest en Haute-Ville, selon le rapport de consultation publique. Les cyclistes souhaitent par ailleurs que la route soit mieux partagée entre vélos et voitures, afin d'augmenter la sécurité des premiers.

Bref, il restera encore beaucoup de travail à faire, rappelle Mme Robin, qui se réjouit tout de même de ce coup de pédale dans la bonne direction.

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