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Gaspésie: des fouilles visent à retrouver un village de réfugiés acadiens

La Presse Canadienne

Une équipe fouille trois sites pour trouver ce village incendié par les Anglais en 1760. La Société historique Machault a engagé un archéologue à l'occasion du 250e anniversaire de la fondation du village de réfugiés acadiens de la Petite-Rochelle. Son mandat est de découvrir où était situé le dernier village acadien avant la conquête de l'Amérique française par les Anglais.

Cette communauté acadienne a existé de 1758 à 1760. Le village se trouvait à l'est de Pointe-à-la-Croix, derrière Pointe-à-la-Batterie, dans les terres, hors de portée des canons britanniques. Le village a compté jusqu'à 1500 réfugiés acadiens avant d'être incendié.

«Nous sommes ici pour une première vérification, a expliqué l'archéologue Jean-Yves Pintal. Un des rares endroits encore intacts est Baie-au-Chêne et Pointe-à-la-Batterie. Nous espérons trouver des choses là-bas.»

La Petite-Rochelle a compté jusqu'à 200 résidences. Mais les Acadiens étaient des réfugiés très pauvres. Les archéologues ne s'attendent pas à trouver des fondations de maisons par exemple.

«Ce sont des cabanes en rondins, des petits trous dans le sol ou quelques outils en métal, a-t-il expliqué. On essaie de savoir s'ils (les Acadiens) ont fui rapidement, en laissant tout derrière eux, ou s'ils ont eu le temps de s'enfuir en ramassant des choses. Ce n'est pas facile. Il faudra chercher beaucoup. La culture matérielle était très pauvre.»

Les fouilles ont permis de mettre au jour un foyer, mais aucun indice, au moment de la visite, ne permettait d'identifier son époque. De plus, une perle et des restes de vaisselle ont été découverts. Ils datent de la période de contact entre les Amérindiens et les Blancs, avant l'établissement de la Petite-Rochelle.

«Ces objets sont intéressants, car on se rapproche à près d'une centaine d'années de l'époque qu'on recherche», a dit M. Pintal.

La Société historique Machault a reçu une subvention de 20 000 $ du gouvernement du Québec pour engager Jean-Yves Pintal et son équipe.

«On veut trouver des objets visuels tangibles du passé, a expliqué le président la Société historique Machault, André Grégoire. L'histoire des Acadiens est disparue dans notre région. Eux-mêmes n'ont pas disparu, mais leur histoire (matérielle) n'existe plus. Toute l'histoire matérielle qui a survécu dans la région date d'après la Conquête.»

Les archéologues ont cherché des indices sur trois sites différents. Les derniers jours de fouilles se dérouleront à Pointe-à-la-Batterie.

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