N'empêche, les résultats sont probablement représentatifs de la situation qui prévaut chez bon nombre de médecins, croit le Dr Jacques Ricard, de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Il n'existe toutefois aucune étude pour le confirmer.
Tant le Dr Asselin que le Dr Ricard s'entendent tout de même pour dire que la situation «est un peu inquiétante».
Code de déontologie
Le Code de déontologie des médecins stipule que «le médecin doit, sauf dans les cas d'urgence ou dans les cas qui manifestement ne présentent aucune gravité, s'abstenir de se traiter lui-même (...)». Et il est probable, croit le Dr Asselin, que la plupart se limitent effectivement à des médicaments ou tests relativement simples. Du moins l'espère-t-il.
Le Dr Ricard mentionne pour sa part qu'avec le haut taux d'épuisement qui règne au sein de la profession, «l'autoprescription n'est pas ce qu'il y a de mieux».
«On n'a pas la même objectivité pour soi-même», dit-il.
La Régie de l'assurance maladie du Québec ne détient aucune donnée sur l'autoprescription. Comme les médecins sont tenus d'adhérer au régime d'assurances collectives offert par leurs fédérations, ces informations ne passent pas entre les mains de la RAMQ.
Le Dr Asselin s'inquiète également du fait que tant de ses pairs n'aient pas de médecin traitant. En outre, 15 % n'ont pas vu de docteur depuis plus de cinq ans, et 20 % ne se souviennent même plus de leur dernière visite. «Ça nous préoccupe beaucoup», dit-il, et on travaille beaucoup avec le programme d'aide sur cette question. Il faut susciter un réflexe de patients chez les médecins, mais ça ne semble pas entré dans les moeurs encore.»
Il n'a pas été possible vendredi de parler à un porte-parole du Programme d'aide aux médecins du Québec.















