« Je salue le 400e (anniversaire de la fondation de Québec par Samuel de Champlain) et je veux rendre hommage au destin exceptionnel et au courage des Québécois qui ont su maintenir le fait français en Amérique du Nord. Le Québec et la France, malgré la distance qui les sépare, partagent une histoire, une culture et une langue communes.»
Le premier ministre français a évoqué sans le nommer le général de Gaulle, dont le passage avait été marqué par son retentissant «Vive le Québec libre!». «Depuis un peu plus de 40 ans, a laissé tomber François Fillon, nous avons tissé une relation unique, spéciale, directe et privilégiée.»
Dans sa brève allocution, le politicien français n'a fait référence qu'une fois au «Canada». En revanche, lorsqu'il a abordé les pourparlers que mènent les autorités québécoises et françaises sur la reconnaissance mutuelle des diplômes et des compétences professionnelles de leurs ressortissants, il a souligné le caractère innovateur d'un «accord» conduit entre deux pays.
«Il aura vocation d'exemple. Il sera d'autant plus unique qu'il se déroule entre deux pays francophones», a-t-il enchaîné.
Pauline Marois ravie
Rencontrée en après-midi, la chef du Parti québécois s'est montrée ravie par les propos du premier ministre français. Le «très beau discours, a commenté Pauline Marois, m'a rejoint profondément en parlant d'un projet de pays». Elle a éclaté de rire lorsqu'une journaliste lui a mentionné que M. Fillon ne s'est pas hasardé à prononcer un «Vive le Québec libre!». «Il a failli» le faire, a rétorqué la dirigeante du PQ.
Aux côtés de son hôte français, le premier ministre québécois n'a pas bronché lorsque M. Fillon a parlé de «pays francophones». Jean Charest est revenu sur les deux dossiers qui seront au coeur de la journée de travail avec ses invités français, demain.
Comme M. Fillon, le chef du gouvernement du Québec a souligné le «magnifique projet» de reconnaissance des compétences professionnelles. Lui aussi a fait valoir le caractère unique d'une entente qui sera, lorsque signée, «une première mondiale», une première «en français».
Le second dossier prioritaire porte sur les discussions pour un rapprochement entre le Canada et l'Union européenne. Jean Charest a précisé qu'il a toujours été «un grand défenseur» de cette idée.
De son côté, François Fillon a rappelé que le président de la République française Nicolas Sarkozy suit attentivement les pourparlers qui seront menés officiellement, cet automne, entre le Canada et l'Union européenne. Or, n'a pas manqué de signaler M. Fillon, Nicolas Sarkozy occupe, cette année, la présidence de l'Union.
Le premier ministre français a mentionné un autre centre d'intérêt. «Un mot sur une institution importante pour nous où le Québec joue un rôle absolument central», a dit M. Fillon avant de prendre congé des médias.
«C'est la francophonie. Nous voulons que le Sommet de Québec soit une occasion de renouveau» pour parler de démocratie, de gouvernance, mais aussi, «bien sûr, de notre combat commun pour la langue française».
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