«Dans Montcalm, les terrains à développer, on peut les compter sur les doigts d'une seule main», évalue cette architecte de formation. Or, les fermetures de stations-service laissent souvent à l'abandon des espaces de qualité.
«Les pétrolières sont souvent situées dans des endroits stratégiques au coeur des quartiers», constate Mme Guérette.
Contaminés, ces endroits peuvent toutefois rester en «jachère» plusieurs années, le temps que leur valeur marchande justifie leur réhabilitation. Selon un répertoire du ministère de l'Environnement, la capitale compterait à l'heure actuelle plus de 190 terrains attendant d'être décontaminés.
Anne Guérette estime que Québec devrait en profiter pour acheter la poignée de lots situés au coeur de la ville pour les convertir en parcs temporaires. Et ce, en attendant que de véritables projets y voient le jour. Non seulement les lieux afficheraient meilleure mine, mais la Ville pourrait ainsi imposer ses conditions avant de revendre à des promoteurs.
Le terrain de l'ancienne station-service Esso situé au coin de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque offre un bon exemple, selon la conseillère.
À l'approche du 400e, la Ville achetait en août 2006 le lot pour 300 000 $ afin d'y aménager un parc cet été. Une solution temporaire, puisque l'espace public fera place d'ici quelques années à un édifice commercial. «Déjà on s'aperçoit que la place aménagée temporairement est très fréquentée et très appréciée», observe Mme Guérette. Un résultat encourageant pour une métamorphose beauté qui aura coûté en bout de ligne 11 500 $. La Ville devrait en effet récupérer le coût du terrain à sa revente.
Québec profitera de l'occasion pour demander au futur propriétaire d'inclure au rez-de-chaussée de son projet un abribus pour desservir cet arrêt fort achalandé du Réseau de transport de la Capitale. Une petite place publique devrait également survivre à cette aventure, à l'instar de celle située à l'extrémité sud de Cartier, où a été installée une fontaine Wallace comme on en trouve une centaine à Paris.
Contraste au nord
Même s'il n'est que temporaire, cet aménagement comblant un vide urbain tranche singulièrement avec le spectacle qu'offrent deux autres terrains laissés en «jachère» non loin. Tout juste à l'extrémité nord de l'avenue Cartier, sur le chemin Sainte-Foy, deux anciennes stations-service attendent un jour meilleur. Pour toute décoration, des blocs de béton ceinturent les lieux afin d'éviter qu'ils ne se transforment en stationnements gratuits. Pour l'instant, un seul des deux lots serait convoité par un promoteur, qui envisage d'y construire un bâtiment de quatre à six étages.
Devant la panoplie de petits commerces de détail dans la partie sud de Cartier, l'édifice situé tout au nord de l'artère commerciale pourrait accueillir au rez-de-chaussée un magasin de plus grande surface. Des logements seraient aménagés aux étages supérieurs.
«Si les gens veulent garder leurs commerces de proximité sur Cartier, il y a une ouverture pour un commerce de plus grande surface», explique la conseillère Guérette, qui voit dans ce projet «un signal positif pour un secteur qui a besoin d'être revitalisé». Mais en attendant, les blocs de béton restent les seuls locataires.








