«C'est un effort budgétaire qui est important», a-t-elle soutenu, car Québec double la mise pour les deux années à venir. Au dépôt du budget, en mars, le gouvernement s'était plutôt engagé à créer 20 000 places d'ici 2012, et il en avait créé 2000 de façon immédiate.
Ces 18 000 places à 7 $ verront le jour en majorité dans les centres de la petite enfance (CPE), puis dans les garderies privées et, dans une moindre mesure, en milieu familial. La ministre n'a toutefois pas voulu préciser le pourcentage de places dévolu à chaque groupe, car le ministère terminera en août l'évaluation des 2000 projets qui lui ont été soumis.
Sept régions prioritaires
Comme toutes les régions du Québec, ou presque, sont touchées par un baby-boom depuis environ trois ans, Mme Courchesne a pris soin de disperser les nouvelles places. Par contre, Québec et Chaudière-Appalaches font partie des sept régions qui auront priorité en raison des besoins criants, avec Montréal, Laval, les Laurentides, la Montérégie et l'Estrie.
Accusée en novembre de transformer des places en garderie privée en places subventionnées, la ministre s'est voulue rassurante hier.
«Il n'y aura pas de conversion», a-t-elle martelé. Les 18 000 places créées seront réellement «nouvelles».
En 2010, le gouvernement du Québec ne sera toujours pas en mesure de combler les besoins de toutes les familles. Le nombre de places manquantes dans la province est plutôt évalué à 30 000.
Réactions positives
Jean Robitaille, directeur général de l'Association québécoise des CPE, se réjouissait de l'annonce faite hier. «Ne boudons pas notre plaisir aujourd'hui. C'est une très bonne nouvelle», commentait-il.
Selon lui, entre 90 % et 95 % des besoins des familles québécoises seront comblés avec ces nouvelles places.
«Il faut seulement qu'en 2011, le gouvernement fasse le dernier petit bout et les garderies, ça va devenir comme l'école, il y aura de la place pour tout le monde», dit-il.
Reste qu'avant de sauter de joie, l'Association veut connaître les projets choisis qui, elle l'espère, donneront priorité aux poupons, aux enfants handicapés, aux enfants de milieux défavorisés, de même qu'à la garde à temps partiel et en milieu de travail.
De son côté, l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) a très bien accueilli la nouvelle, sauf en ce qui a trait à la répartition des places.
«On nous avait promis que ce serait réparti équitablement entre les trois réseaux (CPE, privé et milieu familial), alors j'ai de la difficulté à comprendre ce recul», soutient Sylvain Lévesque, président de l'AGPQ. Selon lui, le système de garderies québécoises doit garder sa mixité pour bien fonctionner.
Il a été impossible de contacter l'Association des éducatrices et éducateurs en milieu familial hier. La ministre Courchesne leur a toutefois promis 3000 nouvelles places dès septembre, car contrairement aux places en garderies, celles en milieu familial ne requièrent pas la construction de bâtiments.









