À la surprise générale, Prémont a jeté l'éponge à mi-chemin du second tour en raison d'un problème d'hyperventilation qui l'incommodait au point de lui faire perdre le contrôle de son vélo, selon l'information obtenue par l'attachée de presse de l'équipe canadienne par l'entremise de Caroline Prémont, la soeur de Marie-Hélène.
Les images officielles la montraient en discussion avec son entraîneur, Michel LeBlanc, immobile le long du parcours. Son rêve tournait au cauchemar.
Marie-Hélène a quitté le site de compétition en vitesse pour se réfugier dans le local réservé aux athlètes, où elle tenait à s'isoler. Informée de ses malheurs par LeBlanc, sa soeur Caroline était la seule personne à communiquer avec elle par téléphone.
À l'extrémité du site, des dizaines de journalistes, photographes et caméramans attendaient de pouvoir obtenir les commentaires de la principale intéressée. «Je n'ai aucune idée de ce qui s'est passé, je me sentais super confortable au premier tour. Je vous parle et je manque encore un peu d'air, c'est bizarre... J'ai arrêté devant Michel et tenté de retrouver mon souffle, et même en essayant à nouveau, il n'y avait rien à faire», expliquait-elle avec le sourire qui la caractérise.
Elle roulait devant au premier tour, mais au deuxième, elle a été forcée de descendre une côte à pied en se retrouvant derrière l'Espagnole. Puis, soudainement, son pouls a grimpé au plafond et il n'a jamais retrouvé son rythme normal malgré quelques essais. Elle a pris la décision d'arrêter.
«J'ai abandonné deux fois dans ma vie : la première quand j'ai commencé et aujourd'hui. Ça fait partie du jeu, c'était une histoire d'une journée. Ce n'est qu'une course de vélo. Je suis déçue, mais je vais m'en remettre facilement. Ma médaille olympique, je l'ai déjà et il n'y a pas beaucoup de monde qui en ont une. Si j'avais pu continuer, je l'aurais fait mais c'était impossible.»
Après avoir mérité l'argent aux Jeux d'Athènes, en 2004, Marie-Hélène n'avait pas caché son désir d'ajouter un titre olympique à sa couronne déjà bien garnie. La saison exceptionnelle qu'elle connaissait sur le circuit de la Coupe du monde en faisait la favorite logique pour l'épreuve de 27 km (six boucles de 4,5 km) disputée sous un soleil de plomb. La victoire fut celle de l'Allemande Sabine Spitz devant la Polonaise Maja Wloszczowska et la Russe Irina Kalentieva.









