Si des élections avaient eu lieu entre le 14 et le 24 août, le Parti conservateur aurait récolté 31 % des voix, signale le coup de sonde réalisé auprès de 1003 personnes. C'est six points de pourcentage de plus qu'au début de l'été.
Selon CROP, le PCC aurait été suivi de près par le Bloc, à 30 %. Le Parti libéral du Canada, avec 20 % des intentions de vote, n'arrive pas à imposer ni son chef Stéphane Dion, ni son plan «vert», tandis que le Nouveau Parti démocratique revient dans la marginalité politique, reculant de trois points pour tomber à 14 %.
Au rayon des bonnes nouvelles pour les conservateurs apparaît le taux de satisfaction. La barre s'arrête à 52 %, six points de plus qu'en juin. La cote personnelle de M. Harper (35 %) continue de grimper; celles du libéral Dion (15 %) et du néo-démocrate Jack Layton (24 %), de descendre.
Il n'y a qu'au printemps 2006, quelques mois après leur accession au pouvoir à Ottawa, que les conservateurs de M. Harper ont devancé les bloquistes dans les sondages. L'enquête d'opinion indique, cette fois, que les troupes de M. Harper talonnent celles de M. Duceppe dans ce qui apparaissait comme le château fort de celui-ci, l'électorat francophone. Le Bloc n'y a plus que 35 % des intentions de vote, en comparaison de 31 % pour la formation de M. Harper.
En cas d'appel aux urnes, de tels chiffres annoncent l'élection de nouveaux députés conservateurs au Québec ? et la défaite d'autant de bloquistes ?, suggère le vice-président de CROP, Claude Gauthier. «Ces résultats finiront peut-être de convaincre M. Harper» de se lancer en campagne électorale, glisse-t-il.
La région demeure fidèle
La grande région de Québec, où le PCC a déjà fait élire plus d'une demi-douzaine de députés en janvier 2006, lui demeure particulièrement favorable. Les conservateurs ajoutent 10 points à leur avance, pour atteindre 46 % des voix, par rapport au précédent coup de sonde.
Les appuis du Bloc, eux, restent bloqués, à 26 %. Libéraux (14 %) et néo-démocrates (13 %) sont réduits à un rôle de figuration. En région comme en banlieue de l'île de Montréal, les conservateurs font jeu égal avec les bloquistes chez les francophones.
Pour le vice-président de CROP, le recul du Bloc québécois s'explique par l'attitude du chef conservateur envers le Québec. Après des années sous le signe de la confrontation entre les libéraux fédéraux et les gouvernements québécois, «M. Harper donne du moins l'apparence ? et c'est important en politique ? d'être ouvert au Québec. (...) Et, dès que vous n'avez plus de confrontation systématique entre Québec et Ottawa, ça mine la raison d'être du Bloc québécois».









