Conseiller syndical,* SCFP-FTQ
J'aimerais réagir aux propos du président de la Commission jeunesse du Parti libéral concernant l'important chapitre qui s'apprête à être présenté au congrès annuel de l'aile jeunesse qui porte sur la culture syndicale.
Sur le fait que François Beaudry, président de l'organisation, estime que les intérêts des membres des syndicats ne sont pas bien défendus. Qu'il existerait à ce sujet un déséquilibre entre l'intérêt des membres vis-à vis leur syndicat. M. Beaudry accuse, dans un élan anti-syndicaliste à peine voilé, les syndicats de se perdre dans les affrontements patronaux-syndicaux plutôt que de défendre leur membres. Or rien n'est plus faux.
L'intérêt des membres et le scrutin secret
Selon ce que rapporte le Soleil, le président des jeunes libéraux exige des syndicats à changer leurs pratiques « et à se préoccupper d'abord des intérêts de leur membres, au lieu de tourner en rond dans une dynamique d'affrontement avec le patronat ». Qu'est-ce qu'insinue M. Beaudry par cette déclaration ? Que les syndicats ne s'occupent pas de leurs membres ? Que les syndicats imposent des grèves au détriment des travailleurs ?
Il suggère d'imposer un vote secret lors d'un processus de grève ou d'accréditation syndicale. C'est déjà le cas ! Par cette déclaration, M. Beaudry démontre son ignorance flagrante du code du travail du Québec qui prévoit déjà le scrutin secret dans le cas d'une grève :
20.2. Une grève ne peut être déclarée qu'après avoir été autorisée au scrutin secret par un vote majoritaire des membres de l'association accréditée qui sont compris dans l'unité de négociation et qui exercent leur droit de vote.
Le processus d'adhésion est tenu au secret
Concernant les accréditations syndicales, le processus d'adhésion est tenu au secret. L'imposition d'un vote en surplus du processus porteraient une atteinte grave aux travailleurs du Québec qui veulent se syndiquer et qui en ont le droit. Il est à ce sujet de connaissance publique que les groupes de travailleurs qui désirent former un syndicat, dans les provinces canadiennes et les états américains qui ont imposé un vote en surplus du processus d'adhésion, sont victimes d'ingérences abusives, d'intimidation et de menaces de leurs patrons.
Ce n'est pas tout, M. Beaudry pousse sa réflexion anti-syndicale jusqu'à demander que les fonds du syndicat servent à un membre qui veuille le poursuivre. Est-ce que cela est conforme aux principes de justice ? M. Beaudry, encore une fois, a-t-il oublié que les recours des membres envers leur syndicat, selon les articles 47,2 et 47,3 sont bien prévus et qu'ils sont très largement utilisés par ceux qui en ont besoin ?
Lorsqu'un organisation syndicale est reconnue coupable, elle rembourse au plaignant tous les frais encourus en plus d'avoir à réparer les torts causés. C'est d'ailleurs ce principe, à savoir compenser et réparer après être reconnu coupable, qui s'applique à l'ensemble des tribunaux du Québec. Pourquoi agir différemment avec les syndicats ?
La jursiprudence des dernières années a d'ailleurs élargi considérablement le recours des membres envers leur syndicat devant la Commission des relations de travail (CRT). Cette dernière est au prise avec un lot énorme de plaintes qui sont, dans une importante proportion, non fondées. Il vaudrait peut-être mieux, à cet effet, permettre aux agents de relations de travail de la CRT d'apprécier initialement un dossier sur le fond, comme le font d'autres commissions, afin d'éliminer les plaintes sans fondements juridiques. Cela pourrait éviter d'importantes dépenses juridiques (publiques) pour la CRT et permttrait aux individus dont la plainte est réellement fondée d'être entendus plus rapidement.
Je dois avouer que je trouve assez amusant d'entendre, de la bouche du politicien en herbe que, tout à coup, on veut que les syndicats s'occupent davantage de leurs membres. N'est-il pas de ceux qui, à chaque occasion et depuis des années, reprochent aux organisations syndicales de ne servir que les intérêts de leurs membres au détriment de la population ? Si l'intérêt des travailleurs et des membres des orgrnisations syndicales lui tiennent tout à coup à coeur, je lui suggère de lire les lignes suivantes.
La culture syndicale
François Beaudry aurait peut-être intérêt, avant de faire siennes les idées pré-mâchées et corporatistes des « think tanks » néo libéraux que sont les intsituts économiques de Montréal, des jeunes chambres de commerce et des Conseil du Patronnat du Québec a regarder autour de lui, dans sa propre cour. À quand la dernière grève illégale ? C'est quand la dernière fois que les policiers et pompiers ont refusé de faire leur travail ? Est-ce que des hôpitaux ont fermé récemment ? (pour des raisons syndicales et non par la faute du gouvernement Charest) Nos gouvernement ont-ils cru bon de devoir emprisonner des chefs syndicaux dernièrement ?
M. Beaudry, la réalité est que la culture syndicale change déjà , et rapidement. Le marché du travail évolue et les syndicats voient arriver dans leur rangs de nouvelles générations de travailleurs avec des intérêts différents. Ces nouveaux travailleurs se voient acceuillis et écoutés, et leurs intérêts bien représentés (j'en suis la preuve, avec de milliers d'autres consoeurs et confrères). J'ai entendu dernièrement une Claudette Carbonneau parler de revoir les règles d'ancienneté. J'ai vu mon organisation syndicale, le SCFP-FTQ, travailler a améliorer la justice mondiale et l'environnement, concrètement, tant mondialement que localement.
Des travailleurs mis sauvagement en lockout
Plus encore, j'ai vu 252 travailleurs du Journal de Québec, mis sauvagement en lockout pour la plupart, et pour le reste ayant voté la grève à forte majorité (sûrement contre leur gré...), s'affairer à produire pour la population un quotidien d'une qualité remarquable, en lieu et place de moyens de pression traditionnels. Aucune journée de grève; les gardiens de sécurité, les caméras et les barbelés ont été installés pour rien ! C'est ça être archaïque ? C'est ça ne pas servir l'intérêt des membres ? Avez-vous oublié que ce conflit vient d'être réglé, et que ce n'était pas les syndicats qui avaient cherché la confrontation. Le journal de Québec n'avait pas vécu de conflit de travail en 40 ans...
La réalité probable est que M. Beudry ne connais pas le mouvement syndical. Il ne le comprend pas et qu'il croit ce que ses brillanta mentors lui disent sans d'abord vérifier si ses informations sont vraies. S'il veut prendre le parti des membres des syndicats du Québec, il devrait plutôt amener son parti à se concentrer sur les graves crises que vivent les secteurs manufacturiers et forestiers.
Sur ces fermetures d'usines sauvages et inutiles comme celle de CROCS par exemple. Qu'il travaille réellement pour les intérêts des travailleurs et des membres des orqanisations syndicales du Québec ou alors, qu'il se taise et évite de nous faire perdre notre temps. . Et la prochaine fois qu'il désirera réfléchir publiquement sur la culture syndicale, qu'il m'appelle avant mobiliser la presse pour dévoiler son ignorance au grand jour; il me fera plaisir de l'instruire un peu.















