À partir de septembre, une quinzaine de classes de «cheminement particulier temporaire» seront abolies. Ces groupes rassemblaient une vingtaine de jeunes qui accusaient environ un an de retard scolaire. La plupart seront désormais intégrés dans les classes régulières ? qui comptent jusqu'à 32 élèves ? avec des services d'aide complémentaires.
Cette vague d'intégration ne signifie toutefois pas l'abolition pure et simple des groupes de cheminement particulier, puisque les élèves qui accusent davantage de retard continueront à fréquenter des groupes spéciaux (environ 10 % de la clientèle au secondaire).
«Après deux ans de consultation, on a constaté que les parents et les élèves souhaitaient cette intégration au programme régulier pour favoriser leur réussite à long terme», affirme Esther Lemieux, directrice des services éducatifs à la CS des Navigateurs.
Cette réorganisation permettra notamment de mieux cibler l'aide offerte, ajoute-t-elle. «Ces élèves n'ont pas besoin d'être dans des groupes particuliers pour les cours d'éducation physique, par exemple. Mais ils auront plus de services dans les matières de base», comme le français ou les mathématiques, ajoute-t-elle.
Enseignants sceptiques
Au total, 1,4 million $ sera consacré à cette réorganisation scolaire et à l'embauche d'enseignants-ressources pour venir en aide aux élèves en difficulté. Mme Lemieux assure que l'objectif n'est pas financier puisque l'abolition de ces classes particulières n'entraînera pas d'économies.
Mais la présidente du Syndicat de l'enseignement des Deux Rives, Andrée Turbide, est plutôt sceptique. Plusieurs directions d'école ont imposé ce changement de modèle malgré la volonté des enseignants, affirme-t-elle. «Est-ce que les services seront vraiment au rendez-vous? Ça reste à voir», laisse-t-elle tomber.
Pour Carl Bourdages, qui enseignait jusqu'à tout récemment aux élèves en difficulté à l'école secondaire L'Aubier, il s'agit tout simplement d'une erreur. «On offrait un très bon service et ce sont les élèves qui vont perdre au change. Les parents sont inquiets», affirme-t-il.
Dossier épineux
L'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières demeure un dossier épineux dans le milieu de l'éducation. Au fil des ans, les problèmes d'intégration ont souvent défrayé la manchette. En juin dernier, la ministre de l'Éducation a même tenté de rectifier le tir lors de la présentation de son plan d'aide aux élèves en difficulté. Michelle Courchesne a affirmé qu'il fallait éviter «l'intégration à tout prix» et réhabiliter les classes spéciales. Selon les syndicats d'enseignement, l'intégration se fait trop souvent au détriment des élèves du secteur régulier, faute de ressources.
Mme Lemieux affirme de son côté que les parents n'ont rien à craindre : «Il ne s'agit pas de niveler vers le bas mais plutôt de donner à ces élèves un coup de pouce vers le haut.» La formule reste flexible, ajoute-t-elle. «Si on s'aperçoit en cours de route que le modèle n'est pas adéquat, on se laissera une marge de manoeuvre pour s'ajuster.»









