Mécontents, une trentaine de chauffeurs ont aussitôt décidé de claquer la porte de leur coopérative pour joindre les rangs de leurs anciens rivaux. D'ici la fin du mois de juillet, Taxi Coop verra ainsi sa flotte renforcée d'autant de dômes jaunes, a confirmé au Soleil son vice-président Denis Bérubé.
Une deuxième vague de chauffeurs aurait aussi prévu faire défection d'ici septembre, les propriétaires d'une licence de taxi devant offrir un préavis d'un mois avant de changer la couleur de leur dôme.
À ces nouveaux venus, il faut également ajouter les 30 chauffeurs indépendants qui arboraient un dôme blanc qui ont décidé en avril de joindre les rangs des jaunes. Après avoir décroché le contrat d'exclusivité pour desservir l'aéroport Jean-Lesage, Taxi Coop devrait ainsi compter en septembre environ 350 véhicules, contre 273 en début d'année.
Le président de Taxi Québec, Mohamed Lidam, reconnaît que plusieurs de ses chauffeurs partiront sous peu joindre son rival. Il conteste toutefois les chiffres, affirmant que seulement 26 de ses 112 membres ont décidé de partir ? dont deux auraient finalement changé d'idée. Et peu importe puisque cette défection aura peu d'impact sur sa compagnie, estime-t-il. «Ça ne nous fera pas mal. J'ai déjà un plan de relance, mais je veux en parler aux membres avant d'en parler (publiquement).»
Plus tard en entrevue, M. Lidam précise qu'une telle défection ne représente pas une première. «C'est arrivé en 1995. On avait 102 véhicules et après il en restait juste 43. On est encore là», insiste pour dire Mohamed Lidam.
Selon lui, Taxi Coop cherche à attirer ses membres pour rentabiliser leurs importants investissements. La coopérative aux dômes jaunes vient en effet d'acquérir un système GPS au coût de 860 000 $ et doit en équiper sous peu ses véhicules pour faciliter la répartition des appels. «Ils viennent nous chercher alors qu'ils s'embarquent dans des dettes. Ça ne nous intéresse pas», a indiqué M. Lidam pour justifie son opposition à la fusion.
Mais un chauffeur préférant garder l'anonymat a confié au Soleil avoir décidé de quitter le clan des rouges pour fuir le climat malsain y régnant. Refusant de s'étendre sur ses motivations, il dit toutefois avoir été injurié par ses collègues pour son appui à la fusion avec les rivaux jaunes.









