Dans une ambiance de party, les organisateurs, pour la plupart des jeunes dans la vingtaine, tracent un damier sur le sol autour duquel les spectateurs prennent place. Chaque carreau du damier est vendu pour créer une cagnotte qu'empochera le gagnant.
On place ensuite la tête d'un poulet ou d'une dinde sur un billot et un «bourreau» le décapite d'un coup de machette ou de hache. On lâche ensuite la carcasse sur le damier.
Barbarie
La carcasse continue de sauter et de s'agiter, mue par les nerfs de la volaille qui continuent de fonctionner encore une vingtaine de secondes après la décapitation. Le gagnant est le détenteur du carreau sur lequel l'oiseau cesse de bouger et la volaille sert de repas aux participants.
Dans une vidéo amateur intitulée Su l'carreau tournée par les organisateurs en 2004 et disponible dans Internet, on voit également l'un des participants écraser de ses mains la carcasse du poulet décapité et s'amuser du son que produit l'animal.
«C'est la première fois que j'entends parler de ça mais on n'a pas le droit d'utiliser la torture envers les animaux pour amuser les gens. C'est vraiment barbare», explique Manon Légaré, coordonnatrice des activités pour la Société protectrice des animaux (SPA) de Québec.
Mme Légaré se promettait de transmettre l'information à la Sûreté du Québec. «D'après moi, ça pourrait enfreindre l'article 446 du Code criminel concernant la cruauté envers les animaux», explique-t-elle.
Consternation
De son côté, Kristin DeJournett, travailleuse sur les cas de cruauté pour PETA en Virginie, assure que son organisme, qui reçoit l'appui de plusieurs célébrités comme Paul McCartney, Pamela Anderson, Alicia Silverstone et Alyssa Milano, est très préoccupé par cette activité.
«Tout le monde est consterné ici! Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour tenter d'empêcher ça d'avoir lieu. Dès cette semaine, nous vérifierons si ça contrevient aux lois canadiennes et nous allons préparer un plan d'action», explique Mme DeJournett, encore choquée des images de poulets décapités diffusées sur la page Facebook de l'activité.
«Ça ressemble à un jeu de redneck, c'est cruel, stupide et inutile. Ce qui s'en rapproche le plus aux États-Unis est un genre de bingo où il faut deviner sur quel carreau d'un damier une vache déféquera», explique-t-elle.
Même s'il s'avérait que le Thetford Chicken Massacre ne contrevient à aucune loi, PETA tenterait quand même d'y mettre un frein. «C'est franchement dégueulasse. S'ils faisaient ça avec un chien ou un chat, tout le monde monterait aux barricades. Les gens ont moins de sympathie pour les poulets mais ces oiseaux aussi souffrent et ont peur», conclut celle qui ne croit pas que la majorité des Canadiens aimeraient être associés à une telle activité.











