Jeudi, plusieurs fans de Catherine Ringer ont quitté l'Agora amèrement déçus de n'avoir pu entendre l'ex-Rita Mitsouko, de passage à Québec pour un soir seulement. La chanteuse a elle-même pris le micro pour déplorer le manque de protection contre la pluie, qui l'a menée à annuler son spectacle pour des raisons de sécurité.
Marie Huot, une résidante de Boischatel, n'en revenait pas encore hier. «C'est complètement ridicule, a-t-elle lancé. Avec tout l'argent qu'on a investi pour rénover ce site, ça n'a pas de bon sens de n'avoir rien prévu contre la pluie!» Le Port de Québec, par le biais du gouvernement fédéral, a investi 17,4 millions $ pour rénover cet amphithéâtre à ciel ouvert, qui peut accueillir jusqu'à 4000 spectateurs.
Même son de cloche de la part de Julie Graff, présidente de Vision Québec, qui a mis sur pied un comité pour sauver l'agora lorsqu'elle était menacée de disparition. «C'est un problème majeur», dit-elle. Mme Graff prévoit d'ailleurs faire évaluer la situation par des experts du milieu du spectacle, afin de s'assurer que le problème soit réglé «le plus rapidement possible».
André Duchesne est de son côté incapable de préciser à quel moment les ajustements seront apportés. Tout dépend de la réponse des concepteurs. «Ce n'est pas nous qui avons construit la scène, il faut voir ce qu'on peut installer. C'est une nouvelle scène, alors on y va morceau par morceau. On devrait avoir des solutions à court terme.»
Des démarches ont été entreprises au lendemain du premier spectacle annulé à cause de la pluie, celui de Yael Naim le 28 juin. La semaine suivante, le concert de Jorane avec l'Orchestre symphonique de Québec avait été déplacé au Grand Théâtre, pour la même raison.
La firme Trizart Alliance, à qui le Port a confié le mandat de réaménager les lieux, n'a pas voulu commenter la situation hier. Un des dirigeants de l'entreprise, François Morrison, nous a plutôt référé à son client, sans préciser si le Port de Québec avait omis d'exiger une scène à l'épreuve de l'eau lors de l'octroi du contrat.
Il a été impossible hier d'obtenir cette information auprès de l'administration portuaire, le responsable de ce projet étant en vacances. Selon Julie Graff, qui a suivi ce dossier de près, la scène aurait été déplacée pour maximiser la vue sur le Château Frontenac, à l'arrière, et mettre en valeur l'édifice des douanes, juste à côté. «Est-ce qu'ils ont préféré ne pas mettre de toile pour ne pas cacher la vue?» s'interroge-t-elle.
Avant son réaménagement, l'Agora était gérée par Genex Communications, qui y a organisé plusieurs spectacles. La précédente scène, installée en 2004, était munie de panneaux de tulle (tissu léger et transparent qui laisse passer le vent mais bloque la pluie), a indiqué hier Alexandre Caron, l'ancien responsable du site chez Genex. «On a fait au moins une cinquantaine de shows sur cette scène et on n'en a jamais annulé un à cause de la pluie», a-t-il affirmé.
Le Port de Québec avait fait installer un panneau à l'arrière de la scène, mais refusait de payer pour les protections latérales, a ajouté M. Caron. Genex louait donc deux panneaux supplémentaires pour une somme qui ne dépassait pas 10 000 $ par année. Ces toiles pouvaient être remontées au besoin, un peu comme des rideaux, lorsque la température le permettait.
Le responsable du site, André Duchesne, a par ailleurs indiqué que les coûts reliés à l'installation de toiles latérales ne devraient pas poser de problème. «Ça va se faire», promet-il.









