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Départ de Michel Bissonnet : un homme difficile à remplacer... pour les libéraux

 

Michel Corbeil
Le Soleil

Le leader de l'ADQ et sa vis-à-vis du Parti québécois, Pauline Marois, n'ont trouvé que des bons mots pour souligner la décision de Michel Bissonnet de quitter le fauteuil d'où il arbitrait les débats parlementaires à Québec.

L'adéquiste Mario Dumont a souligné «qu'il était très apprécié comme président de l'ensemble des députés». Le démissionnaire a été le premier président à exercer son rôle dans un gouvernement minoritaire, le seul que le Québec a connu en plus d'un siècle.

M. Dumont a évoqué le fait que ce même gouvernement s'en ennuiera. «Les prochaines semaines feront prendre conscience de la valeur qu'il a eue au printemps 2007, au lendemain du scrutin. Il a pu faire le consensus. Michel, c'est Michel (disait-on). C'est une phrase anodine qui en disait beaucoup dans le fond. Ce sera tout un défi de trouver un successeur qui aille chercher tout le monde.»

La péquiste Pauline Marois s'est attristée du départ. «C'est un homme que j'aime beaucoup, avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler. C'est un homme juste, équitable, rigoureux et exigeant.»

La chef du PQ est revenue sur un aspect «agréable» de sa façon de travailler, la «bonhomie». «Mais quand vient le temps de prendre une décision, il est capable de le faire avec beaucoup de doigté et de fermeté. Et une fois que les règles sont établies, il n'y a pas de passe-droit» pour les parlementaires.

M. Bissonnet n'est pas le seul à quitter ses fonctions, depuis le printemps. Roch Cholette, ex-député de Hull, et surtout Philippe Couillard, un des piliers du Conseil des ministres où il détenait le portefeuille de la Santé, l'ont précédé. «Trois départs de libéraux sur 48 (élus), en trois mois, un an après l'élection, cela témoigne un peu de la période, a indiqué M. Dumont. Pas que ces gens ont été repoussés par des guerres idéologiques. Mais il n'y a pas un grand agenda, une mobilisation au gouvernement. Quand quelque chose d'intéressant se présente, les gens y vont.»

Le ménage à trois à l'Assemblée nationale ouvre, par contre, la possibilité d'élire un président de l'Assemblée provenant des banquettes de l'opposition. «Pourquoi pas?» a laissé tomber Pauline Marois. «N'oubliez pas que l'opposition forme la majorité» par une trentaine de sièges. Mario Dumont, lui, s'est fait prudent lorsqu'interrogé sur cette option. «On n'exclut rien. Mon pif me dit que le remplacement (de Michel Bissonnet) ne passera pas comme une lettre à la poste.»

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