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Biaxin: recours collectif pour une psychose

 

Élisabeth Fleury
Le Soleil

Dans leur requête déposée en Cour supérieure, les avocats des requérants, Woods s.e.n.c.r.l./LLP et Gosselin Daigle et associés, expliquent que Mme Brousseau aurait avalé des comprimés de Biaxin (clarithromycine) les 21, 22 et 23 septembre 2005 pour soigner une pneumonie, et que le médicament, vendu sous ordonnance, lui aurait occasionné une psychose.

Vers minuit, dans la nuit du 23 au 24 septembre, Mme Brousseau se serait levée et serait passée à proximité de son conjoint qui regardait un film dans le salon, relate-t-on dans la requête. M. Picard lui aurait alors demandé si elle allait bien, ce à quoi elle aurait répondu par l'affirmative.

M. Picard aurait ensuite entendu sa conjointe faire du vacarme dans la cuisine. «Dans les minutes qui ont suivi, le requérant a entendu la requérante tomber sur le plancher de la cuisine. En arrivant dans la cuisine pour voir ce qui se passait, le requérant a constaté qu'il y avait une grosse mare de sang au sol à proximité de la requérante», racontent les avocats, précisant que Mme Brousseau s'était tailladée le poignet gauche avec un couteau.

En attendant les secours, M. Picard aurait placé une serviette autour du poignet de sa conjointe pour réduire le saignement, mais celle-ci se serait débattue et aurait tenté de reprendre le couteau pour s'infliger d'autres blessures. «Le requérant a dû maîtriser la requérante et l'empêcher de se mutiler davantage en lançant le couteau au fond de la cuisine», mentionne-t-on dans la requête.

Chercher la cause

Au cours des mois qui ont suivi cet incident, Mme Brousseau aurait entamé des recherches pour tenter de déterminer la cause de ce soudain décrochage de la réalité. «Après plusieurs mois de recherches, de questions à des professionnels de la santé et de lectures d'études médicales et pharmacologiques, elle a été en mesure d'établir un lien entre la prise du Biaxin et l'incident. La cause de l'état de psychose dans lequel elle était tombée s'est effectivement avérée être le médicament Biaxin», soutiennent les procureurs, ajoutant que leur cliente était revenue à son état normal peu de temps après l'arrêt de la prise du médicament et qu'elle n'avait jamais «récidivé» depuis.

Selon eux, l'intimée savait ou aurait dû savoir que le Biaxin était un médicament potentiellement dangereux et qu'il pouvait causer des effets secondaires psychotiques et maniaques assimilables à une psychose. «L'intimée a manqué à son obligation en omettant de renseigner adéquatement et suffisamment la requérante et la population de ces effets secondaires potentiels et/ou en minimisant le risque réel», peut-on encore lire dans la requête.

Les mouvements de sa main et de son poignet gauches étant extrêmement limités, Mme Brousseau aurait été incapable de reprendre ses activités courantes à la suite de l'incident. Aussi réclame-t-elle aux Laboratoires Abbott la somme de 265 000 $ à titre de dommages subis. Son conjoint réclame quant à lui 10 000 $ au fabricant de médicaments, considérant qu'il doit notamment «compenser pour la perte d'autonomie de la requérante».

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