Le Service de l'environnement souligne que ce risque de pénurie sera écarté en 2011 lorsque la nouvelle prise d'eau de Sainte-Foy entrera en fonction. C'est d'ailleurs le retard dans sa mise en service, prévue à l'origine cette année, qui explique les craintes de la Ville. Le long processus d'audiences publiques sur ce projet a toutefois repoussé à cet été le début des travaux, ceux-ci ayant d'ailleurs été lancés tout récemment.
Usages abusifs
À l'heure actuelle, Québec peut produire 329 000 m3 d'eau potable quotidiennement, selon son porte-parole, Jacques Perron. Au moment de son entrée en fonction d'ici trois ans, la nouvelle prise de Sainte-Foy ajoutera 50 000 m3 à cette production.
Évidemment, les citoyens ne doivent pas s'attendre à mourir de soif. Le risque de pénurie est néanmoins jugé suffisamment sérieux pour que la Ville prévoie dès maintenant une série de mesures pour freiner les excès des boyaux d'arrosage.
L'été prochain, elle appliquera donc plus strictement son règlement sur l'eau potable. Québec espère ainsi «assurer un meilleur contrôle des usages abusifs de l'eau potable en période estivale pour éviter une pénurie d'eau potable». Davantage d'inspections seront menées un peu partout pour contrer le gaspillage. Avis donc aux amants des voitures étincelantes, des gazons verdoyants et d'entrées de garage impeccables.
Parallèlement, Québec lancera une campagne de sensibilisation pour inviter la population à économiser cette ressource. Et ce, dès le printemps. La Ville invitera les citoyens à «rationaliser l'usage de l'eau potable, et ce, plus particulièrement à l'été 2009».
Question de prêcher par l'exemple, Québec tentera elle aussi de diminuer sa consommation d'eau potable. Pour y parvenir, elle prévoit notamment lancer un projet pilote pour récupérer de l'eau de pluie tombant sur le toit des édifices municipaux.
«L'eau recueillie servira pour l'arrosage des plantes ornementales sur le territoire de la Ville», précise le document.
Un recours grandissant en «eaux brutes» ? c'est-à-dire n'ayant pas été traitées ? est d'ailleurs envisagé par Québec. À quoi bon utiliser de l'eau potable quand elle servira en bout de ligne à nettoyer les rues? Une étude de faisabilité sur d'autres sources a été commandée grâce à une subvention du Fonds municipal vert qui en couvrira la moitié des coûts.
Étude de risques
Au-delà de ces mesures, Québec s'inquiète également d'un éventuel déversement en amont de sa principale prise d'eau potable, soit celle située sur la rivière Saint-Charles. Au coût de 130 000 $, une «étude de risques visera à déterminer les temps de parcours de l'eau dans le bassin-versant de la prise d'eau sur la rivière Saint-Charles et à établir un plan d'intervention pour tout déversement accidentel de substances dangereuses».
Les chercheurs devront identifier les sources potentielles d'un tel déversement. Chacune sera classifiée en fonction de l'impact possible sur la qualité de l'eau.










