«Avec la tournée Taking Chances, on a beaucoup de travail dans le cahier de charge, mais lorsque René m'a parlé d'un événement spécial à Québec, ça m'a excité. D'abord, parce que je ne vis plus ici et que ça me permettait de renouer avec des artistes québécois...» a-t-il fait savoir au Soleil.
Possédant une imposante feuille de route dans les mondes de la chanson, du théâtre et du cirque (A New Day, Elton John, LOVE du Cirque du Soleil, Julio Iglesias, Bang!, Elvis Story, etc.), Yves Aucoin se voyait dès lors investi de la mission de créer un spectacle «unique, magique, sans prétention» qui serait vu par une foule d'une envergure rarement égalée dans la carrière de Céline Dion.
«Même si elle est une star internationale, 200 000 personnes, on ne fait pas ça souvent! Ça va être tout un thrill! Pour moi, ça va être tout un plaisir de fermer les lumières de la salle! À chaque spectacle, c'est mon excitation première! Aussitôt qu'on ferme, on entend les cris dans la foule. C'est le début. C'est sérieux!» a-t-il indiqué.
Si le concepteur connaît bien le répertoire francophone de la chanteuse, il a dû se remettre en mémoire plusieurs des classiques de la chanson québécoise ? «un gros greatest hits!» ? qui seront interprétés demain.
«La plupart des pièces, je les connaissais déjà... Dans le cas de Claude Dubois, par exemple, ce sont des chansons d'enfance pour moi. Ç'a été un plaisir de renouer avec ces chansons-là! Pour d'autres, comme Garou et Marc Dupré, puisqu'on avait déjà collaboré ensemble, c'était plus frais à ma mémoire. À partir de tout ça, j'ai essayé de faire un spectacle qui a un fil conducteur avec un début, une fin et un build-up entre les deux.»
Pour chacune des pièces à habiller, Yves Aucoin applique un rituel bien particulier.
«Mon feeling premier est toujours mélodique, harmonique. Je me ferme les yeux et j'écoute la mélodie. Ensuite, je m'intéresse aux paroles. Ce qui complique un peu les choses, c'est quand le rythme est effréné et que les paroles sont noires!» a-t-il noté.
Tenu de respecter les standards élevés de qualité établis par ses patrons, René Angélil et Céline Dion, ainsi que par la metteure en scène Josée Fortier, le concepteur estime être parvenu à concrétiser sa vision, tout en demeurant attentif aux remarques de ces derniers.
«Avec Céline, on a discuté beaucoup. De la même façon qu'elle est très impliquée pour tout ce qui a trait à son look, elle s'intéresse aussi à ce qui se passe sur scène. Elle s'est assuré que tout le monde soit bien éclairé. René et Céline croient que quelqu'un qui se sent bien sur scène va bien performer. Si tout le monde est content de participer à un show, le public va le ressentir», a-t-il soutenu.
Au-delà des artistes et de leurs chansons, au-delà de l'histoire qu'il cherche à raconter, Yves Aucoin doit également considérer le lieu unique où se déroule un spectacle. À ses premières séances de travail sur les Plaines dimanche et lundi, entre deux représentations de Taking Chances au Centre Bell de Montréal, le concepteur d'éclairages a été frappé par la magie des lieux.
«J'ai trouvé ça tellement beau! Je ne me souvenais pas à quel point... Quand je suis arrivé sur le site, je me suis dit : ?Wow! C'est ça, les Plaines!'' J'avais oublié la verdure, les arbres... Avec un peu de chance, on va être capables de faire ressortir la beauté de tout ça lors du spectacle...»
Pour ce faire, il a obtenu qu'on illumine entièrement la foule. Cela permettra aux caméras de télévision, dans un premier temps, de bien rendre l'importance de cette dernière et tournera les regards, juge-t-il, sur les véritables vedettes de l'événement.
«J'ai beaucoup insisté là-dessus. L'équipe, c'est important. Mais c'est aussi le 400e de Québec! C'est important que le site soit beau... Et pas seulement la chanteuse! (...) Je veux que les gens se sentent en grosse gang! Je veux que ce soit un party!»
S'il doit composer avec les aléas d'une production extérieure, Yves Aucoin a choisi de demeurer positif. «Moi, dans ma tête, tout ça se passe sous un ciel étoilé par soir de pleine lune! Je ne suis pas quelqu'un de négatif à la base. Dans ma tête, tout est toujours beau! Avec Céline, on a d'ailleurs une bonne moyenne au bâton. De toute façon, je ne peux pas niveler par le bas!» fait-il savoir, ajoutant qu'il a néanmoins préparé des «plans B, C et D» advenant une météo défavorable.
Peu importe la tournure des événements, l'éclairagiste espère que le spectacle saura plaire au plus grand nombre. «On espère qu'on ne décevra pas les gens. Les médias ont beaucoup fait monter la sauce! On a l'impression qu'il y a beaucoup d'attentes. Nous, on veut vraiment faire plaisir aux gens. On pense qu'on va leur offrir quelque chose qui va leur plaire.»
Son intuition lui permet de croire que le résultat sera à la hauteur des attentes. «Si les artistes sont 10 % généreux comme ils l'ont été en répétition, ça va être incroyable! C'était quelque chose de voir Jean-Pierre (Ferland) prendre Céline dans ses bras! Il y avait une belle énergie. Tout le monde voulait bien faire, et pas seulement plugger sa toune!» a conclu celui qui devait être de retour sur les Plaines la nuit dernière pour d'autres tests.









