La MRC verse jusqu'à 100 $ pour l'achat de couches de coton aux familles sur présentation de la facture, élément original de la politique familiale de la MRC de Charlevoix-Est. «Nous estimons qu'un bébé produit une tonne de couches durant les premières années de sa vie. À la MRC, ça nous coûte 120 $ enfouir une tonne de déchets», justifie le directeur général, Pierre Girard.
L'idée est originale, mais pas unique. À Lévis et à Saint-Georges notamment, des programmes similaires existent. Dans Charlevoix, il y a au moins 270 bébés nés dans la dernière année qui pourraient troquer la couche jetable pour une lavable.
Choix payant
L'utilisation de la couche de coton est rentable pour la MRC qui, pour chaque bébé, évite l'enfouissement d'une tonne de couches par année. «Les subventions seront financées par les économies faites dans la gestion des matières résiduelles», explique M. Girard, qui croit que 20 à 30 parents se prévaudront la première année de la nouvelle mesure d'aide financière.
Le choix est également rentable pour les parents. «Acheter des couches de coton pour un enfant, c'est entre 400 $ et 600 $, mais pour des couches jetables à la semaine, la facture sera en bout de ligne de plus de 3000 $», évalue Nadya Murray.
Les deux mamans espèrent que l'idée fera boule de neige. «Ça riait dans le village (Sainte-Agnès) quand on voyait ma corde à linge, mais depuis, nous sommes trois ou quatre qui avons fait ce choix», continue Mme Murray.
Valérie Gauvin était de ceux qui juraient de s'en tenir aux couches jetables uniquement, mais elle a néanmoins été la première à se présenter au bureau de la MRC. «Je suis convertie. Ce n'est pas plus compliqué, ça prend quelques minutes de plus et le bébé est très bien avec sa couche», dit-elle, afin de faire tomber les préjugés. Prévoyante, elle s'est aussi assurée avant que le milieu de garde respecterait son choix.
Et l'eau de javel?
Le maire de Saint-Aimé-des-Lacs, Bernard Maltais, a pourtant trouvé discutable l'idée sur le plan environnemental en prétendant que les produits utilisés pour le nettoyage sont davantage nocifs. «En lavant leurs couches à l'eau de javel, ils détruiront les bonnes bactéries de leur champ d'épuration», prétend-t-il.
Encore là, les mamans ont réponse à tout. «Ça ne tient pas la route. On utilise des produits bio et l'eau de javel n'est pas recommandée», répond Mme Gauvin.









