L'anxiété monte d'autant plus vite que dans ces programmes «relevés», les jeunes doivent souvent faire leur année scolaire dans la moitié du temps prévu. «Oui, ils ont la capacité d'en prendre plus que les autres, convient François Laroche. Mais avoir la capacité d'en prendre et bien réagir au stress, c'est deux choses très
différentes.»
Guy Evans, qui a enseigné une bonne partie de sa carrière au programme international, ne déconseillera jamais les classes enrichies. «Mais il faut être conscient que le fait d'être avec des pairs aussi performants favorise le stress», note-t-il.
Pour plusieurs de ces élèves, décrocher la plus haute note a quelque chose d'enivrant. «C'est important dans leur cercle d'amis et de connaissances, fait remarquer Guy Evans. Ils deviennent des pôles d'attraction et veulent le rester.»
Ils sont aussi poussés par l'atmosphère de performance qui règne dans ces classes, remarque le psychologue Mark Mercier. «Pour être comme les autres, ils vont augmenter leur désir de performance et souvent, leur anxiété», dit-il.
En plus du stress que le jeune s'impose, certains parents en rajoutent. Plusieurs parents diront «tu es au PEI, tu dois performer», confie l'enseignant.
Amélie, étudiante à Rochebelle, avait un seul but à son arrivée au secondaire; accéder au PEI à sa deuxième année. «Je voulais des bonnes notes pour ne pas manquer ma chance d'y aller, explique l'adolescente. J'avais très peur de l'échec parce que ça faisait baisser ma moyenne générale.»
Le stress a fini par retomber lorsque la jeune fille s'est aperçue qu'elle réussissait bien. «Mais j'ai changé d'objectif et je ne vise plus le PEI», admet-elle.









