Bonne élève sans être une première de classe, Pascale s'est vite sentie débordée par l'ampleur de la tâche en arrivant au Séminaire Saint-François. Trop de matières différentes, trop de profs, trop de locaux, trop de livres à gérer, de devoirs à remettre.
La jeune fille sportive s'est mise à refuser d'aller au cours d'éducation physique de peur de manquer de temps pour se rhabiller et ainsi arriver en retard à son cours.
Les crises de larmes entre les cours se multiplient et, durant un mois, la petite est incapable de prendre l'autobus ou de dîner à l'école.
«Elle était toujours dans l'anticipation de l'échec, raconte Geneviève C. Elle avait toujours peur de ne pas avoir le bon cartable pour le bon cours. Et ce qui lui faisait le plus peur, c'est de devoir aller voir le directeur pour faire signer un billet de retard ou d'oubli.»
Inquiète de manquer son année, Pascale relit, relit et relit encore ses devoirs jusqu'à la table de chevet. Bientôt, elle ne dort plus que trois ou quatre heures par nuit et fait souvent des cauchemars. «Il fallait que je dorme avec elle pour essayer de la rassurer, explique la mère. Mais plus elle voyait qu'elle avait manqué plein de cours, plus elle s'inquiétait et plus le stress montait.»
Geneviève C. décide de prendre congé de son emploi dans un ministère afin d'avoir plus de temps pour aider sa fille. «J'avais peur que le stress dure longtemps et que ça devienne plus grave», confie-t-elle.
Le médecin consulté déconseille les médicaments contre l'anxiété, mais recommande de donner du Bénadryl à l'adolescente. L'antihistaminique, qui provoque un peu de somnolence, permettra à Pascale d'enfin dormir.
Au retour du congé des Fêtes, l'adolescente arrive à prendre la vie plus légèrement. Au grand bonheur de ses parents.
Les psychologues ne jettent pas la pierre aux parents. «Ça existe, des parents qui mettent trop de pression, mais en général, ce n'est pas leur faute, observe la psychologue scolaire Odette Bussières. Ça peut être une influence indirecte, par exemple, l'enfant de parents perfectionnistes aura tendance à vouloir les imiter.»
Beaucoup de parents ne savent pas quoi faire devant l'état de panique de leur jeune. Certains vont le surprotéger en le gardant à la maison. D'autres peuvent le forcer à aller à l'école, incapables de départager le caprice du réel problème. «Ça peut prendre du temps avant qu'ils réalisent le problème, parce que leur jeune reste performant», note Mme Bussières.
Mark Mercier souhaite que les parents soient sensibles au manque d'équilibre dans la vie de leur jeune. «Tout ne peut pas tourner autour du travail et des études, plaide M. Mercier. Que le jeune vache un peu la fin de semaine, c'est normal!»









