Interrogé sur le sort de l'établissement fondé en 1668 par Mgr François de Laval, le premier évêque de la Nouvelle-France, le chef de l'Église canadienne se montre direct : «Ce que l'on appelle encore le Petit Séminaire de Québec (dans le Vieux-Québec) est une autre école qui ne correspond pas à une préparation sacerdotale. Dans un futur prochain, le Petit Séminaire de Québec devra prendre le nom de Collège François-de-Laval.»
Jusqu'en 1985, le Petit Séminaire de Québec était administré par la Corporation du Séminaire de Québec, aussi responsable d'administrer les autres oeuvres découlant du patrimoine de Monseigneur de Laval et du diocèse de Québec, dont le Grand Séminaire de Québec. Depuis, c'est une corporation privée sans but lucratif qui gère les destinées de l'établissement scolaire où se côtoient filles et garçons.
Le nouveau Petit Séminaire diocésain de Québec, officialisé lundi soir par une messe célébrée dans la chapelle de l'établissement, accueille cet automne 22 pensionnaires, dont la moitié sont en première secondaire. Ils logent tous dans l'immeuble qui appartient à la communauté des Pères maristes, au 4947, rue Clément-Lockquell, dans ce qui fut jadis le Campus intercommunautaire de Cap-Rouge, à Saint-Augustin-de-Desmaures.
Le jour, les 22 élèves ? tous des garçons évidemment ? étudient au Collège de Champigny, «une école mixte», précise le cardinal, mais le reste du temps, sauf les fins de semaine, ils logent dans l'imposant édifice blanc du campus. «Mais les conditions ont changé avec les séminaires de jadis. Il n'y a pas de dortoir», raconte le recteur de l'institution, l'abbé André Gagné. «Chaque étudiant a sa chambre individuelle. On célébrera la messe, deux fois par semaine seulement, les mardis et les jeudis.»
Selon lui, la renaissance du Petit Séminaire, si chère au cardinal Ouellet, rappelle fortement les circonstances qui ont prévalu à la fondation du premier Petit Séminaire de Québec, il y a 340 ans, quand Mgr de Laval a ouvert, à ses frais, un pensionnat pour les élèves qui étudiaient au Collège des Jésuites et qui désiraient entrer, plus tard, au Grand Séminaire de Québec pour y devenir prêtres.
Financement
«Le cardinal participe lui-même au financement de notre séminaire», spécifie l'abbé Gagné, ce que ne nie évidemment pas le prélat de l'Église canadienne. «Je me suis investi de cette mission et nous apporterons ce qui est nécessaire», a confirmé le cardinal, sans pour autant dévoiler l'ampleur de sa contribution.
D'après le recteur, chaque élève représente un coût de 24 000 $ pour l'institution qu'il dirige. «Nous demandons environ 3500 $ aux parents pour la nourriture et le logement. Le reste est à nos frais.»
Le cardinal Ouellet spécifie que la renaissance du Petit Séminaire s'inscrit dans les célébrations de l'année Mgr de Laval, engagées le 8 décembre 2007. «L'année 2008 marque le 350e anniversaire de son ordination, le 300e anniversaire de sa mort et le 340e anniversaire de la fondation du premier séminaire à Québec.»
Mais au-delà de ces chiffres, l'archevêque de Québec croit que 2008 est «une excellente année» pour l'Église de Québec.
«Nous ressentons encore les retombées du Congrès eucharistique de juin. L'un des grands fruits de ce congrès a été de faire passer de quatre à neuf le nombre de postulants au Grand Séminaire.»
En ce qui concerne le Petit Séminaire, il attribue beaucoup sa renaissance au développement du Mouvement des Brebis de Jésus, une organisation fondée à Sainte-Pétronille, le 28 avril 1985, par soeur Jocelyne Huot, une religieuse de Saint-François d'Assise. Cette dernière l'accompagnera à Rome, du 5 au 26 octobre, pour un synode sur la foi devant réunir quelque 250 évêques et une trentaine d'experts.
«Un sondage mené dans le mouvement nous a appris que beaucoup d'adolescents pensaient au sacerdoce et que les parents voulaient s'engager à les diriger dans cette voie, raconte Mgr Ouellet. Je crois que la renaissance du Petit Séminaire s'avère un excellent moyen pour les faire évoluer dans cette direction.»








