À l'époque, les commentaires de Simon Bédard avaient soulevé une controverse et certains de ses propos avaient même fait l'objet d'une étude de l'Université Laval. «Tu rentres là avec l'armée pis tu nettoies tout ça. Cinquante morts, 100 morts, 125 morts, ça vient de s'éteindre. On enterrera ça pis on continue à vivre», avait-il soutenu.
Avec le recul, l'ex-animateur de radio n'a pas envie de renier ces commentaires très durs, formulés lors de la mort du caporal Marcel Lemay. Car il est toujours convaincu que la situation qui sévit à Kanesatake mérite toujours une intervention musclée de la part du gouvernement fédéral.
«Je ne peux pas nier ça. Parce que quand je regarde la situation, les cigarettes en vente libre, la boisson, tout le kit... Il y a des peuples fondateurs que je respecte beaucoup et 99 % de ces gens nous respectent aussi. Mais devant le 1% restant, on se met à genoux et on a peur? Je ne peux pas accepter ça. Jamais je ne dirai oui à ça.»
Simon Bédard entend d'ailleurs remettre le sujet à l'ordre du jour s'il est élu à la Chambre des communes. Et il compte sur son chef, Stéphane Dion, pour l'appuyer dans ses démarches et faire le ménage dans cette «mafia souterraine» qu'est devenue, selon lui, la communauté de Kanesatake. «C'est une situation pourrie. On a tassé les ministres plutôt que de régler le problème. Le gouvernement fédéral s'en est toujours lavé les mains. Les libéraux n'ont pas fait mieux et ils ont une mission à accomplir dans ce sens-là. Stéphane Dion a assez de colonne vertébrale pour le faire. Il n'a qu'une seule voix.»
De toute évidence, le Parti libéral a déniché un candidat qui n'a pas la langue dans sa poche pour faire la lutte à la bloquiste Christiane Gagnon et à la conservatrice Myriam Taschereau dans Québec-Centre. M. Bédard a d'ailleurs l'intention de rester fidèle à lui-même pendant cette campagne. Pas question de commencer à s'autocensurer à son âge, dit-il. «Mon entente avec le Parti libéral, c'est que je parle ou sinon, je m'en vais chez nous! C'est sûr que je vais partir si on ne me laisse pas parler. À 65 ans, je ne perdrai pas mon temps à leur conter des chansons et à dire que t'es beau, t'es fin et t'es gentil.»
Autres combats
Simon Bédard affirme que les gens ont surtout retenu ses déclarations sur les Mohawks lorsqu'il sévissait sur les ondes de la radio. Mais il ajoute qu'il a aussi réussi à libérer des personnes innocentes de prison et qu'il a aidé Diane Hébert dans son combat pour permettre le don d'organes sur la carte d'assurance-maladie. Des réalisations dont il est fier.
Brian Mulroney
Si la population lui fait confiance, cet animateur de radio à la retraite ne se contentera pas de s'attaquer aux Mohawks.
Il voudrait aussi profiter de son mandat pour brasser la cage des conservateurs et courir après Brian Mulroney.
Le candidat estime que l'ancien premier ministre n'aurait pas dû recevoir de dédommagement du gouvernement dans l'affaire Airbus et que Stephen Harper aurait dû se montrer plus intransigeant à son égard.
«Guy Lafleur a dit quelques paroles pour protéger son fils et on a émis un mandat d'arrêt contre lui. Pourtant, il n'avait pas volé le gouvernement canadien! On a frappé dur pour donner un exemple à la société, alors je me demande pourquoi on n'a pas donné l'exemple en frappant Mulroney», lance M. Bédard.
Ce citoyen de Saint-Sylvestre est né dans Limoilou et a longtemps vécu à Québec. Il a subi deux anévrismes au cerveau, connu plusieurs problèmes de santé et confie qu'il n'a pas consulté son cardiologue avant de se lancer dans la course, de crainte de se faire interdire cet épisode de stress. «Vaut mieux mourir debout que couché», lance-t-il, pour justifier son saut en politique.
M. Bédard ajoute qu'il mènera cette campagne au nom de toutes les personnes âgées qui dépriment seules dans leur maison parce que la société ne reconnaît plus leur apport, leurs richesses, leurs idées.
«On n'a pas le droit comme société de traiter nos aînés de cette façon. Je veux les aider.»











