Avec l'humour qui le caractérise, le leader a prévenu le public que ses gars étaient fatigués de leur récente tournée en Asie. En fait, c'est davantage Jones lui-même, en ouverture, qui a semblé ennuyé par une douleur à la main gauche. Or, il n'a pas été long à trouver sa fluidité et à donner la réplique à ses jeunes loups sur des pièces rythmées comme D for Doxas ou sur des reprises de son mentor, feu Oscar Peterson. Il a par ailleurs servi un très beau medley de ballades, s'achevant sur une What a Wonderful World tout en subtilités.
Qu'importe la direction que notre homme a prise, ses deux musiciens étaient prêts à le suivre avec aplomb et assurance. Pas étonnant que le public lui ait vivement demandé, à l'instar du titre du récent album de Jones, «encore une fois», lorsque le jazzman a quitté la scène.
Trudel-Bourbonnais
La pianiste Marianne Trudel et l'harmoniciste Lévy Bourbonnais se sont chargés de chauffer la salle pour Oliver Jones. Mettant de l'avant des pièces impressionnistes, souvent aériennes et saupoudrées de mélancolie, les deux artistes ont joué davantage sur les atmosphères et les combinaisons harmoniques que sur les soli spectaculaires pour rendre leur répertoire. Du coup, il a été possible d'apprécier le mariage singulier du piano et de l'harmonica, ainsi que ses possibilités. Les spectateurs, conquis, ont réservé une ovation chaleureuse à la pianiste originaire de Saint-Michel-de-Bellechasse et à son complice.
Satori à Québec
Enfin, en tout début de soirée, nous nous sommes imprégnés une petite heure durant de la poésie colorée de Patrice Desbiens. On a savouré son écriture profondément humaine, où la comédie rejoint le drame et où le questionnement identitaire s'immisce dans le quotidien. Tout ça par l'entremise des voix de Nathalie Lessard et d'Alix Renaud et du jazz défendu par un quatuor solide, composé notamment de Normand Guilbeault à la contrebasse et de Raynald Drouin à la batterie.









