En octobre 2007, quelque 400 militants du Bloc ont choisi Claude Guimond, qui n'aurait devancé son adversaire Christian Gionest que d'une trentaine de voix. M. Guimond jouit de l'appui de l'ex-députée Suzanne Tremblay. Une clientèle fragmentée sur le thème de la souveraineté mais aussi à gauche puisque le néo-démocrate Guy Caron, qui avait récolté un très respectable 10 % des votes au scrutin de 2006, est de nouveau sur les rangs.
Le bloquiste Claude Guimond a soutenu lors du lancement de sa campagne qu'il ferait aussi la bataille sur le thème de la souveraineté ? mise en veilleuse par les péquistes ?, alors que la députée souverainiste indépendante Louise Thibault affirme que la souveraineté n'est pas le thème de cette lutte électorale, pas plus qu'aux élections générales de 2004 et de 2006. Son slogan «Le pouvoir de l'indépendance» est comme un pied de nez à ses anciens collègues rivés à l'impitoyable ligne de parti. Élue en 2004 après le retrait de la vie politique de la flamboyante Suzanne Tremblay (trois mandats de 1993 à 2004), Mme Thibault, une retraitée issue de la haute fonction publique fédérale, a quitté le Bloc québécois parce qu'elle n'avait pas, dit-elle, la liberté de parole qu'elle souhaitait dans cette formation politique. Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a d'ailleurs qualifié ce départ de «bon débarras» lors de son récent passage au Bas-Saint-Laurent. C'est dans ce large contexte que se déroule la campagne qui oppose aussi le scientifique Pierre Béland (libéral), revenu sur sa décision de ne pas se présenter, le maire Gaston Noël, de Saint-Narcisse-de-Rimouski, pour les conservateurs et le néo-démocrate Guy Caron pour une troisième tentative.
Aux élections de 2006, la bloquiste Louise Thibault avait été réélue avec 46,4 % des suffrages, une majorité de 10 000 votes. Le conservateur Roger Picard avait devancé au deuxième rang (9481 votes) l'ex-maire de Rimouski Michel Tremblay, candidat libéral. L'agglomération rimouskoise (la moitié de la population de la circonscription fédérale) est réputée être un château fort souverainiste qui a voté Oui aux référendums de 1980 (53,15 %) et de 1995 (64 %) et rejeté le référendum fédéral de Brian Mulroney par 69 %. Lors des élections québécoises de 2003, la circonscription de Rimouski avait résisté à la vague libérale.









