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Protection du Nord: Des écologistes invitent le Québec à imiter l'Ontario

 

Louise Lemieux
Le Soleil

Le gouvernement Charest doit rendre public cet automne son «Plan Nord» sur le développement des régions nordiques du Québec. Les groupes écologistes veulent donner leur point de vue avant que les décisions finales ne soient prises.

Le plan québécois devrait protéger la moitié au moins des 983 810 km2 du Nord du Québec, selon la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), Initiative boréale canadienne (IBC) et Nature Québec.

Actuellement à peine 7 % de ce territoire est protégé.

Pourquoi donc faut-il protéger le Nord?

Forêt boréale, taïga et toundra le composent. Le sous-sol de ce territoire regorge de carbone. Or, ce carbone devient gaz à effet de serre s'il est libéré dans l'atmosphère. C'est ce qui arrive quand on «dérange» le sol pour faire des routes ou creuser des mines.

«Garder le carbone en place dans la terre est stratégique. Ne rien faire dans le Nord c'est protéger l'environnement», explique Harvey Locke, du groupe Initiative boréale canadienne.

Les tourbières et le pergélisol du Nord du Québec et de l'Ontario comptent parmi les plus importants puits de carbone au monde. Empêcher la libération de ce carbone dans l'atmosphère contribue donc à diminuer la pollution mondiale.

Protéger du développement la moitié du territoire du Nord permettra en outre la survie du caribou et la préservation de plusieurs écosystèmes fragiles de milieux humides et de tourbières.

Protéger ne signifie pas refuser tout développement économique, assurent les groupes écologiques. «Il s'agit de l'intégrer dans un esprit de développement durable. Avant d'ouvrir des routes, par exemple, il faut évaluer les impacts sur les rivières, la forêt et les groupes autochtones. Le Grand Nord du Québec est d'autant plus facile à protéger qu'il n'est pas encore développé», fait remarquer Marie-Eve Marchand, de la SNAP.

Le régime minier est à revoir complètement, disent aussi les écologistes. La loi, qui remonte aux années 30, permet l'exploitation minière de 85 % du territoire, d'un simple clic de souris d'ordinateur. C'est trop.

Le «Plan Nord» du gouvernement québécois

Peu de choses sont connues sur le «Plan Nord», sinon que le développement hydroélectrique de la Romaine entraînera la construction d'une route longue de 150 km. On sait aussi que ce plan touchera les mines, l'énergie, les transports, le tourisme et les peuples autochtones. Un sommet est prévu avec tous les groupes intéressés par le Grand Nord : les compagnies forestières et minières, les villes du nord, les autochtones, divers ministères du gouvernement. Les élections fédérales et la maladie de Claude Béchard, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune retardent le dévoilement du plan.

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