Le XIIe Sommet de la Francophonie s'est ouvert hier, au Centre des congrès de Québec, par des allocutions de quelques-uns des chefs d'État et de gouvernement des 68 pays représentés. En deux jours, ils ambitionnent de jeter les bases de solutions innovatrices aux crises économique et alimentaire mondiales, et de s'attaquer au problème des changements climatiques.
Pour le président français, l'effondrement des marchés financiers ne doit pas servir de prétexte pour négliger l'environnement. La «plus grosse crise économique depuis 1929 n'est pas une simple parenthèse», a lancé M. Sarkozy, mais une «opportunité» pour réfléchir à une nouvelle façon d'appliquer le capitalisme.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, pour qui «la voix du français s'est affaiblie sur la scène mondiale», appelle à un «combat politique» de la Francophonie. Il espère que la collaboration des pays du Nord et du Sud favorise «l'émergence de nouvelles idées» pour faire face aux changements climatiques qui menacent gravement l'économie des pays plus pauvres. «À la parole qui nous unit, il faut joindre le geste», a indiqué M. Charest.
La Francophonie ne peut pas rester «indifférente aux clivages religieux, culturels, politiques et idéologiques qui menacent l'équilibre du monde», a ajouté le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.
Pour sa part, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a souhaité des actions «ciblées et efficaces» pour apporter des solutions «réalistes» aux problèmes soulevés.
Début des travaux
Les travaux du Sommet ne débuteront qu'aujourd'hui. Une heure trente sera consacrée cet avant-midi à des séances thématiques sur la démocratie et l'État de droit, d'une part, puis sur la gouvernance économique. En après-midi, les chefs d'État et de gouvernement se sépareront en quatre tables rondes pour discuter de l'environnement. Les rencontres se font à huis clos.
Demain, les discussions porteront sur l'enjeu de la langue française et elles seront suivies par l'adoption de la Déclaration de Québec, qui clôturera le Sommet.
Plus tôt en journée, les chefs d'État ont été accueillis à l'hôtel Hilton. Entre les poignées de mains officielles, le premier ministre Charest s'est entretenu à plusieurs reprises avec son homologue fédéral Stephen Harper. Hier, Le Devoir a rapporté que l'entourage de M. Harper s'est senti trahi par les incursions du gouvernement Charest lors de la campagne électorale.
L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est composée de 55 pays membres et de 13 pays observateurs. Elle dispose d'un budget de quelque 125 millions $, largement financé par la France, le Canada et le Québec. L'OIF est notamment responsable de TV5 Monde, de l'Agence universitaire de la Francophonie et des Jeux de la Francophonie.
L'organisation Amnistie internationale Canada a rendu public un rapport peu flatteur, hier, sur le respect des droits humains dans bon nombre de pays de la Francophonie. Amnistie déplore «l'inaction de l'OIF» devant des «violations massives» des droits humains par certains de ses membres. «La torture est une pratique largement répandue à l'intérieur de l'espace francophone, note le rapport. Loin de s'atténuer, la pratique de la torture et des autres mauvais traitements semble en augmentation parmi les pays membres de l'OIF.»
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exhorté certains pays membres à mettre fin aux tensions qui les opposent. «Sans paix, il n'y a pas de développement durable possible», a-t-il prévenu.












